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Situation épidémiologique en Algérie : les vaccins arrivent mais la campagne patine !

L’arrivée de plus en plus de doses de vaccin s’accélère, mais l’adhésion des Algériens à la campagne de vaccination reste à des niveaux faibles, pourtant, il n’y a pas d’autre solution.

Le ministère de la défense nationale (MDN) a annoncé hier dans un communiqué, la réception par l’Algérie d’un million de doses du vaccin chinois anti covid-19 Sinovac, précisant que cette quantité a été acheminée par un avion militaire.

Au début du mois en cours, les autorités avaient annoncé que l’Algérie recevra d’ici fin juin un lot de 4 millions de doses de vaccins anti covid-19, sans préciser de marques.

Les 4 millions de doses en question s’ajouteront aux 2,5 millions de doses de divers vaccins anti-Covid-19 reçus à fin mai.

Une campagne de vaccination massive avait débuté le 6 juin. Le ministère de la Santé appelle depuis les Algériens souhaitant se faire vacciner à se présenter aux places publiques dédiées ou aux centres de santé de proximité. Aucune source officielle n’a donné de chiffres sur le nombre de personnes vaccinées.

Intervenant dans l’Emission « L’invité de la rédaction » de la Radio nationale, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Faouzi Derrar, a indiqué que la population n’adhère, massivement, pour le moment à la campagne de vaccination. Il soutient que « la donne va en s’aggravant et le danger planera pour tous et pour longtemps ».

La situation en Algérie se « complique » avec l’apparition de variants rapides, très virulents et de plus en plus résistants aux vaccins.

S’agissant des raisons de cette réticence à la vaccination, le responsable a évoqué un malaise des gens quant à une éventuelle dangerosité d’un tel vaccin par rapport à un autre et de s’interroger sur l’après vaccination.  Il se trouve que « La sortie du tunnel passe par une vaccination massive », a-t-il dit.

Concernant l’éventualité de rendre la vaccination obligatoire, Dr Derrar a répondu que, même si la situation pandémique l’exige, il ne faut pas brusquer les gens, il faut que ces derniers adhèrent avec conviction. « Cette adhésion va amener des taux satisfaisants de vaccinés.»

Selon Derrar, on assiste à un nouveau départ de la courbe d’incidence des contaminations qui augure de la détérioration de la situation notamment avec l’apparition des mutants Alpha, Detlta, Delta+, Gamma, etc.

Et pour éviter le virus Delta, suggère le spécialiste, il faut que la vaccination puisse s’effectuer partout, en même temps et à un niveau très élevé. «On sait actuellement que même dans des pays où la vaccination est à 50-60%, il y a apparition d’un variant qui peut, à n’importe quel moment, faire ressurgir l’épidémie de nouveau», averti le Dr Derrar.

« Le seul moyen de sortir de cette crise épidémiologique est d’accélérer la vaccination ».

Pr Mohamed  Belhocine : « La situation doit nous inquiéter plus que cela »

La réalité des contaminations en Algérie est au-dessus des chiffres annoncés, a déclaré, hier, l’épidémiologiste Mohamed Belhocine dans une interview au site TSA.

Il y a, pour cela plusieurs problèmes : l’insuffisance des tests, la non-déclaration des malades qui consultent les privés, et donc, ne sont pas comptabilisés… etc

Conclusion : « Le nombre de nouveaux cas que nous avons est une estimation, certes très utile, mais qui ne doit pas nous rassurer outre mesure parce que la réalité des faits est au-dessus de ce chiffre,» a estimé le professeur Belhocine

La même source a soulevé un autre point  en révélant : que «lorsqu’on a des collègues qui nous appellent des différentes régions, des différents hôpitaux, y compris les pharmaciens en officines privées, tout le monde nous dit qu’il y a une augmentation inquiétante du nombre de cas, aussi bien en ce qui concerne les médecins qui sont en pratique libérale que les pharmaciens qui reçoivent des gens qui viennent s’automédiquer soi-disant pour des rhumes ou parfois viennent directement demander le traitement anti-Covid sans passer par la case des tests.»

«Donc tout ceci pour dire que je pense que la situation doit nous inquiéter plus que cela. Je pense qu’avec l’été qui arrive et les regroupements sociaux de différentes natures que nous connaissons pendant cette période chaude doivent nous inciter à beaucoup plus de prudence. »

Synthèse : Abir N.

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