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Scène politique : le RND ouvre le jeu des alliances

Quelques jours après la proclamation des résultats non définitifs des élections législatives, le Rassemblement démocratique national appelle de ses vœux la formation d’un «Pôle national», et pose ses conditions.

Après avoir remporté 14% des voix aux élections législatives et 57 sièges de l’Assemblée, le Rassemblement national démocratique (RND) a précédé la déclaration officielle des résultats par le Conseil consultatif pour définir ses futurs alliés.

Tayeb Zitouni, le secrétaire général du RND a déclaré hier que son parti tendra la main à toutes les forces politiques, qu’elles soient représentées au Parlement ou non, pour former ce qu’il a qualifié de «pôle national ».

Zitouni a cependant conditionné cette offre par une convergence d’intérêts «qui se rencontrent dans beaucoup de points avec le projet du président de la République et des groupes politiques au sein du Parlement».

Rien n’empêche donc le parti de l’ancien premier ministre Ahmed Ouyahia d’unir son destin à celui du Front de libération nationale, le vainqueur du dernier scrutin.

Les deux mastodontes qui ont, depuis toujours, participé au pouvoir pourront attirer par un jeu d’alliances les représentants de plus petits partis et des députés non partisans pour former un groupe soudé au service du programme d’Abdelmadjid Tebboune.

«Les contours de la nouvelle Assemblée populaire nationale se dessinent de façon claire», a estimé le secrétaire général du RND qui se présente déjà comme «est un des acteurs dans le pôle national qui constitue, aujourd’hui, la nouvelle carte politique de l’Algérie». Ces propos révèlent que les deux dernières semaines ont été mises à profit par diverses parties pour former le nouveau cadre et qu’une stratégie est déjà posée en vue d’asseoir une politique commune durant les années à venir.

Le «pôle national» demeure toutefois une notion vague puisque Tayeb Zitouni n’a rien révélé de son contenu. Est-ce à dire que la force à laquelle il s’opposera ne sera pas «nationale» ou sera du moins «transnationale», en d’autres termes islamiste et incluse dans le mouvement des Frères musulmans ?

On sait en effet qu’aucun parti moderniste, laïque ou de gauche ne sera représenté à l’Hémicycle. Tout porte à croire donc que le Parlement sera dans sa majorité un dégradé de conservatisme idéologique.

Il est donc clair que la prochaine carte politique du pays ne constituera pas une rupture franche avec l’ancienne vision du monde qui prévaut depuis longtemps. En tout cas, il ne faut pas s’attendre à un changement historique des mœurs politiques en Algérie à l’intérieur d’une APN certes renouvelée mais qui ressemble à s’y méprendre à celle qui a été récemment dissoute.

Mourad Fergad

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