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Accès au pouvoir : l’Afrique veut conjurer les vieux démons des coups d’Etat

Après les coups de force au Mali, au Burkina Faso, au Niger et enfin au Gabon l’Union africaine semble décidée à enrayer la spirale des coups d’Etats qui, par le passé, sont presque une marque de fabrique du continent noir.  Le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, l’Ambassadeur Bankolé Adeoye, a, en tout cas,  affirmé, hier à Oran lors de la séance d’ouverture du 10e Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique, que l’UA était déterminée à ne pas tolérer l’utilisation de méthodes non constitutionnelles pour atteindre le pouvoir et les changements anticonstitutionnels des régimes. Il a souligné que «l’Afrique traverse actuellement des défis majeurs dans les domaines politique, sécuritaire, climatique et de développement, et ces défis doivent être relevés collectivement à travers la coordination d’efforts et d’actions et l’intensification des consultations». Selon lui, le processus d’Oran est devenu une plateforme d’interaction positive entre les pays du continent africain pour trouver des solutions aux problèmes et défis auxquels ces pays sont confrontés et la Commission africaine poursuivra ses travaux sur le processus d’Oran, en soutenant les travaux du Groupe A3, qui comprend les pays africains membres du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que les efforts déployés au niveau mondial et continental pour renforcer la paix et la sécurité et faire taire les armes.

De son côté, le ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Intégration territoriale de l’Etat du Ghana et coordonnateur du Groupe des Etats africains membres du Conseil de sécurité, dont le mandat a expiré, Kwaku Ampra Twum-Sarpong, a affirmé que le monde traverse une période difficile à cause des conflits et des guerres à travers plusieurs régions, dont Ghaza, le Soudan, l’Ukraine, le Yémen et autres crises multidimensionnelles. Il a ajouté qu’en dépit des efforts consentis pour faire taire la voix des armes, réaliser la paix et la sécurité, le monde vit toujours des défis difficiles, notamment des flux financiers inappropriés, des conflits violents, la cybercriminalité, la piraterie et autres, tout en étant confronté à un retour inacceptable en Afrique des changements anticonstitutionnels de gouvernements. Le ministre délégué ghanéen a également salué l’efficacité du mécanisme africain A3 pour faire entendre la voix et les positions de l’Afrique sur diverses questions internationales, en particulier celles liées à l’Afrique elle-même au Conseil de sécurité de l’ONU, qui veille à ce que les vues de l’Afrique sur la résolution des divers conflits soient prises en compte. Kwaku Ampra Twum-Sarpong a appelé à œuvrer au renforcement de la coopération entre les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment les membres permanents et les représentants d’Afrique dans ce conseil, pour renforcer la paix et la sécurité en Afrique, à travers la consultation permanente bilatérale, la participation aux missions de terrain en zones de conflits et dans la formulation des décisions du Conseil de sécurité de l’Onu.

Les travaux du 10e Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique ont été présidés par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’Etranger, Ahmed Attaf. Au menu du premier jour de cette réunion, deux tables rondes de haut niveau. La première portera sur “Le dixième anniversaire du Séminaire de haut niveau : le rôle du Conseil de paix et de sécurité et des trois Etats dans le renforcement de la voix de l’Afrique sur la paix et la sécurité à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies : que devons-nous encore faire?’’. La deuxième table ronde de haut niveau est intitulée “Le retour des changements anticonstitutionnels des gouvernements en Afrique: perspectives mondiales, réponses et implications sur le Groupe A3”.

La deuxième et dernière journée du séminaire sera consacrée au thème: “Mise à jour sur le projet de résolution des Nations Unies visant à financer les opérations de soutien à la paix avec un mandat de l’Union africaine, Coordonnateur A3”, ainsi qu’à la présentation du “projet final du guide sur les modalités de coordination et de coopération entre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et les membres africains du Conseil de sécurité aux Nations Unies”.

L’Algérie participe à ce rendez-vous en tant que pays hôte et initiateur du séminaire d’Oran, d’une part, et comme membre non-permanent entrant au Conseil de sécurité, d’autre part. Lors de ce rendez-vous, l’Algérie aspire à «apporter une contribution active à cette entreprise continentale à travers son mandat de membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU) durant la période 2024-2025», précise-t-on de source diplomatique. «Le premier et principal objectif étant de se joindre aux frères africains pour consolider le bloc africain au sein de la plus haute instance multilatérale internationale pour la paix et la sécurité, et de franchir de nouvelles étapes vers l’accomplissement de la vision panafricaniste des pères fondateurs de l’organisation continentale et œuvrer ensemble pour que la perspective de l’Afrique soit dûment écoutée, dans l’esprit d’apporter des solutions africaines aux problèmes africains», selon un source diplomatique.

Ainsi, l’Algérie qui est membre actif de l’Union africaine, a envoyé un message clair sur sa volonté de jouer pleinement son rôle de représentant du continent africain de l’ONU.

Ali Chikhi

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