Accueil / Conjoncture / Soufiane Djilali à propos des BRICS : préparons-nous à la prochaine échéance

Soufiane Djilali à propos des BRICS : préparons-nous à la prochaine échéance

Le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, est le premier homme politique en Algérie à s’exprimer sur l’échec de l’Algérie à intégrer l’organisation des BRICS.

D’une manière générale, «ce ne sont pas des critères objectifs comme pourrait l’être la correction d’un QCM avec une note précise,» a-t-il indiqué dans un entretien accordé à TSA.

Ensuite, même si les critères d’adhésion ne sont pas «clairement énoncés et encore moins les raisons exactes pour lesquelles l’Algérie n’a pas été retenue, » il est facile de comprendre que chaqu’un des cinq initiateurs a « évalué les candidatures selon leur propre angle de vue et leurs intérêts. »

Cela dit, le président de Jil Jadid, se tourne vers l’analyse du contexte géopolitique dans le monde d’aujourd’hui pour comprendre tout le manège de Johannesburg.

Primo : «Les BRICS se sont assignés un défi à relever, celui de faire basculer le système mondial d’un régime unipolaire à un système multipolaire.»

Secondo : « L’élargissement opéré à Johannesburg devait répondre à des préoccupations précises et particulières à chacun des membres du groupe. Il y avait, à l’évidence, également un objectif collectif. Les sentiments n’interviennent en aucun cas dans ce genre de décisions. »

Autrement dit : « Aujourd’hui, il y a un face à face entre l’Occident global et les BRICS. Le premier veut maintenir son hégémonie sur le monde, les autres tablent sur la multipolarité »

« Entre les deux groupes, il y a donc rivalité mais aussi des liens très puissants bien que différenciés.» La situation d’un pays comme la Russie ne ressemble pas à celle de l’Inde, par exemple, dans leurs relations avec l’Occident. Ce pays comme le Brésil n’est pas en situation de rupture totale avec l’Occident.

Conséquence : « Les cinq devaient donc prendre en considération les avantages et les inconvénients de l’élargissement. »

« Ils devaient conforter la dynamique qui se développe en leur faveur en renforçant leurs rangs mais sans trop se diluer, ce qui aurait amené trop de contradictions dans un groupe en formation…»

Pour les choix opérés, les BRICS ont visé d’abord le Moyen-Orient, réservoir énergétique et jusqu’alors pro-américain, occupant un carrefour ultrasensible. »

« En plus de l’importance géoéconomique de cette région, c’est le monde arabo-islamique qui est réaligné à travers l’Iran, l’Arabie Saoudite, les EAU et l’Egypte sur le trio Russie-Inde-Chine (RIC). »

Concernant l’Ethiopie « Il faut rappeler que la Chine a d’énormes investissements en Ethiopie qui est également sa porte d’entrée pour tout le continent Est-Africain. La relation Egypte-Ethiopie devra être managée dans ce cadre. Reste l’Argentine : il fallait équilibrer les entrées entre les continents visés et rassurer l’Amérique latine. »

Vient ensuite la question : pourquoi l’Algérie a été écartée ?

La réponde de Soufiane Djilali est simple : « Malgré tout le capital symbolique, politique et potentiellement économique, que nous possédons, pour l’instant, le groupe ne pouvait pas nous assimiler. »

« Nous sommes actuellement coupés, pour des raisons sécuritaires et d’instabilité politique chez tous nos voisins, de notre espace géostratégique. »

« Le portail vers l’Afrique de l’Ouest est pour le moment fermé. Notre économie ne ressemble à rien. Notre influence dans notre sphère naturelle commence à peine à renaître de ses cendres. »

« Dans la configuration actuelle, les atouts potentiels de l’Algérie pour une intégration dans un groupe aussi lourd sont tous désactivés. Par contre, dans une perspective à moyen terme, l’équation pourra changer. À nous de faire le travail et de nous préparer sérieusement pour la prochaine échéance. »

« Maintenant, le contexte géopolitique ne restera pas figé, la prochaine vague d’admission, peut-être à Kazan (Russie) en 2024, se fera en fonction d’autres critères que ceux qui ont présidé le choix cette fois-ci. Il faut que notre diplomatie se renseigne sur les prochains enjeux et prépare le pays à cette échéance.»

Synthèse : Sid Ali

A propos LA NATION

Voir Aussi

Complexe Sider El Hadjar d’Annaba : reprise de la production dans la zone endommagée

L’activité de production dans la zone endommagée par la panne survenue au complexe sidérurgique d’El …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *