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Sa réforme est en cours : le secteur financier algérien sous forte tension

Il doit opérer une profonde mue en un temps record. Les recettes du pays sont sur une courbe ascendante depuis 2021 et les requérants attendent de bénéficier de financements.

Crédits à l’investissement, crédits à la consommation, privatisation des banques publiques, introduction de nouveaux instruments… le secteur financier vit sous la pression d’une demande croissante et d’une dynamique qui le met en demeure de vite se réformer. Mais les deux urgences auxquelles il fait face sont la relance des crédits à la consommation, en particulier l’achat de voitures et le financement de l’économie.

Concernant le premier point, l’arrêt de l’importation et du montage local des véhicules depuis plus de cinq ans a enflammé le marché de l’occasion dont les prix ont grimpé à des niveaux sans précédent. La bonne nouvelle du retour des marques étrangères chez les concessionnaires ou celles fabriquées en Algérie ont, certes, réjoui les cœurs. Toutefois, éprouvés par des années d’érosion de leur pouvoir d’achat, les budgets des ménages ne sont pas en mesure d’honorer cette dépense. Les particuliers désireux d’obtenir l’engin de leur rêve ou, du moins, un moyen de déplacement personnel dans un pays où les transports publics demeurent insuffisants et doivent, de plus, patienter quelques mois. Ils doivent, en outre, se contenter d’automobiles fabriquées en Algérie, comme Fiat qui vient de lancer son usine de production à Oran. D’ailleurs, les banques se préparent à un grand rush sur ce produit dès le début de l’année. Le prêt étalé sur une période de cinq ans couvre jusqu’à 85 % du coût de la voiture, en fonction de la capacité de paiement du client.

Pour les autres types de crédits à la consommation, les établissements financiers peuvent user de leur droit discrétionnaire pour accorder des prêts pour tel ou tel usage à des individus. Les montants sont, cependant, dérisoires et assortis de garanties contraignantes allant jusqu’à plus de 200% de la somme allouée.

Concernant les crédits à l’investissement, l’Etat a promis d’encourager la création de richesses et d’emplois en finançant généreusement les projets porteurs et structurants. Hier, le président de la République a déclaré que l’Algérie «a lancé un chantier de grande envergure de réformes économiques en vue de diversifier l’économie nationale, libérer l’esprit d’initiative et améliorer le climat des affaires et de l’investissement». Il a souligné que «ces réformes ont été couronnées par une révision globale du système juridique de l’investissement dans le cadre d’une approche basée sur la transparence, la lutte contre la bureaucratie et l’égalité entre les opérateurs économiques, outre l’adoption d’un nouveau modèle pour l’octroi et la gestion du foncier économique destiné à l’investissement».

75 % des crédits destinés à l’investissement, dont 51%  au privé

Abdelmadjid Tebboune a, en outre, évoqué «la révision de la loi monétaire et bancaire pour l’adapter aux évolutions de l’environnement bancaire, dans le cadre d’un plan global de réforme du secteur financier et bancaire, à travers notamment la diversification des sources de financement, la densification du réseau bancaire, l’amélioration de l’inclusion financière, et la promotion de la gouvernance des institutions financières à l’étranger, particulièrement sur le marché africain, dans le but d’accompagner la dynamique imprimant les échanges commerciaux au niveau continental».

Cet élan réclame une fluidité et une réactivité du secteur bancaire pour coordonner les gestes avec les paroles. Selon Rachid Belaïd, le délégué général de l’Association de banques et des établissements financiers, 75 % des crédits accordés par le secteur sont destinés à l’investissement desquels 51%  sont orientés vers le privé.

Ce volume est appelé à augmenter de 15 à 20% en 2024 par rapport aux années précédentes. En 2022, par exemple, les crédits aux entités publiques ont atteint plus de 4 400 milliards DA et ceux accordés au secteur privé ont dépassé les 4600 milliards de DA.

L’autre enjeu de taille qui va obliger les tires-lires étatiques à effectuer une profonde mue dans le court terme est l’ouverture de leur capital dès juin prochain. La première concernée : la banque du Crédit populaire d’Algérie. Précédemment annoncée pour la fin de l’année, la vente de 30% des actifs du mastodonte est reportée début de l’été. La Banque du développement local lancera la même opération durant la même période et sera suivie par d’autres institutions.

C’est donc une transformation en profondeur du paysage bancaire qui est en marche, en vue d’accompagner le décollage économique souhaité par les autorités. Le secteur a entamé depuis quelques années de nouvelles expériences par l’introduction de la finance islamique, l’ouverture d’agences à l’étranger, ainsi qu’une tendance vers la généralisation du paiement électronique et du paiement mobile.

Mohamed Badaoui

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