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Mémoire : l’émir Abdelkader revient cette semaine

Ces derniers jours, des historiens ont réclamé de la France la restitution de ses biens à son pays, tandis que le ministère de la Culture algérien veut relancer le projet de film qui retrace les principales dates de sa vie.

Près d’un siècle et demi après sa mort, le père fondateur de l’Algérie moderne, l’émir Abdelkader Ben Muhieddin Ben Mostefa, fait toujours parler de lui. Figure de dimension universelle et historique, il a été, au cours d’une vie riche mais tumultueuse, un chef militaire d’envergure, un homme d’Etat, un guide spirituel, un poète et un précurseur de la protection des droits de l’homme durant en période de guerre.

Abdelkader a, dès 1831, pris les armes contre les troupes françaises qui venaient d’envahir Alger et sa grande région avant de se lancer dans une sanglante conquête coloniale pour occuper toute l’Algérie. Il leur a infligé, alors qu’elles étaient puissamment équipées et nombreuses, plusieurs défaites restées célèbres. Mais, après 17 ans de résistance, il a dû se résoudre, la mort dans l’âme, à déposer les armes un 21 décembre 1847.

En contrepartie, les envahisseurs lui ont promis de le laisser partir avec les siens à Alexandrie, en Egypte, ou à Acre, en Palestine. Ils ont, cependant, trahi leur parole et l’ont déporté en France d’abord à Toulon, où il sera détenu avec sa famille dans des conditions atroces, ensuite à Pau et, enfin, à Amboise.

Le 16 octobre 1852, il est libéré et autorisé à se rendre à l’étranger dans un pays de son choix. Il a opté, dans un premier temps, pour Bursa, en Turquie, avant de s’installer, trois ans plus tard, à Damas où il s’est consacré aux études théologiques et philosophiques ainsi qu’à la publication de nombreux ouvrages.

Il s’est illustré, en juillet 1860, par le sauvetage des chrétiens maronites Mont Liban menacés d’un massacre lors d’un conflit avec les Druzes.

Cet acte lui a valu le respect et la reconnaissance du monde entier, en particulier en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique où une ville portera plus tard son nom. La miséricorde et l’humanité ont toujours fait partie de la personnalité et des valeurs d’Abdelkader. Même durant la guerre contre les Français, il n’avait jamais nui à un prisonnier, précédant en cela la Convention de Genève.

Cette stature tranche avec les petits calculs de certains esprits chagrins qui, dans la France d’aujourd’hui, tergiversent sur le retour ou non de ses effets personnels vers sa terre natale où il est considéré comme le fondateur de l’Etat moderne.

L’ancien occupant tient toujours comme un trophée de guerre notamment son sabre et son burnous de peur d’appauvrir le Musée de l’armée. «Le but n’est ni de vider les musées, ni de donner l’impression que la France se flagelle et doit porter à elle seule la culpabilité de l’histoire coloniale du monde», a même dit une députée française pour défendre l’idée de la restitution de ses biens.

Pendant ce temps, le ministère de la Culture algérien a installé ce lundi une commission composée de personnalités du cinéma et d’historiens et chargée d’évaluer et d’enrichir, selon le département de Soraya Mouloudji, le cahier des charges pour la sélection d’un scénario du film qui doit raconter la vie et l’œuvre de ce personnage hors du commun. Le projet qui traîne depuis des années a été maintes fois annoncé puis reporté pour des raisons qui demeurent obscures.

Mohamed Badaoui

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