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Exode des médecins algériens : les explications du ministre de la Santé

Après les informations, largement relayées sur les réseaux, concernant les 1200 médecins algériens qui devraient quitter le pays pour travailler outre Méditerranée, le ministre de la santé est monté au créneau pour donner sa position.

Il s’agit pour lui d’un phénomène qui n’est propre à l’Algérie. Le ministre cite l’Inde à l’Egypte, deux grands pays qui «perdent chaque année des médecins et des ingénieurs», a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision Annahar.

L’explication de Benbouzid ne s’arrête pas là. Il évoque un autre phénomène propre à l’Algérie : celui du remplacement des générations dans le secteur de la santé. Le renouvellement des effectifs dans le corps des médecins est long et difficile. En cause, la lenteur du processus des départs à la retraite.

« De nombreux médecins ont dépassé l’âge de la retraite et ils sont toujours en poste et ils ne permettent pas à la nouvelle génération de les remplacer. C’est ce qui fait que nous n’avons pas de postes pour les jeunes médecins,» a expliqué le ministre.

La question des retraites du corps médical a été, depuis longtemps, sujet à polémique. Cela touche essentiellement au corps spécifique des professeurs-chef de service et des professeurs exerçant, en parallèle, dans les facultés de médecine. Plus de 600 professeurs hospitalo-universitaires, ayant largement dépassé les 70 ans, préféraient rester en activité afin de ne pas perdre une part substantielle de leurs revenus, à cause d’un régime de retraite défavorable. Cette catégorie de hauts gradés du corps médical perçoit une partie de la rémunération du ministère de la Santé et l’autre du département de l’enseignement supérieur. Leur départ à la retraite, même avec la majoration décidée en octobre 2021 par le président de la république, signifie une baisse du traitement avoisinant les 20%, alors que le salaire cumulé est légèrement supérieur à 300 000 dinars par mois.

L’âge du départ à la retraite du corps médical a fait l’objet d’un large débat entre les organisations syndicales et le ministère de la santé. Pour le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), l’âge de la retraite des médecins ne saurait dépasser les 65 ans. Une dérogation de deux années pourrait être accordée aux professeurs.

Certains professeurs ont proposé à ce que l’Etat garantisse aux professeurs une retraite décente en contrepartie de leur mise à la retraite.

Il a fait savoir qu’ “il y a un dossier au niveau du Premier ministre pour appliquer la loi. » « Celui qui arrive à la retraite, il doit sortir et si on a besoin d’eux, on leur fera appel », a-t-il dit, en relevant qu’ «il y a beaucoup de problèmes dans le secteur de la santé.»

En Août 2019, l’ancien ministre de la santé avait décidé de mettre à la retraite un certain nombre de professeurs chefs de services. La décision avait soulevé un tollé parmi le Collectif des professeurs en sciences médicales. Ceux-ci dénonçaient une décision hâtive et irréfléchie.

Le ministre est parti, mais les professeurs sont toujours là…

Aziz T.

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