Accueil / International / Annulation du statut d’observateur à l’UA : un échec retentissant pour Tel-Aviv et Rabat

Annulation du statut d’observateur à l’UA : un échec retentissant pour Tel-Aviv et Rabat

Israël ne bénéficie plus du statut d’observateur au sein de l’UA. Ce privilège qui lui a été octroyé, unilatéralement, par le président de la Commission africain, le Tchadien Moussa Faki, vient d’être annulé par l’intervention de plusieurs membres menés par l’Algérie et l’Afrique du Sud.

Ce retournement de situation réjouira certainement les Palestiniens dont le Premier ministre Mohammed Shtayyeh a appelé au premier jour du Sommet de l’UA de retirer l’accréditation du statut d’observateur accordé à Israël en juillet. «Nous appelons au retrait et à l’objection du statut d’observateur israélien auprès de l’Union africaine», a-t-il déclaré. «Les peuples du continent africain ne connaissent que trop bien la dévastation et la déshumanisation qui caractérisent le colonialisme et les systèmes connexes de discrimination raciale institutionnalisée», a-t-il encore rappelé devant les chefs d’Etat et de gouvernement africains réunis au siège de l’UA à Addis Abeba. «Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d’apartheid qu’il impose au peuple palestinien», a ajouté Mohammed Shtayyeh.  La déconvenue de Tel-Aviv en Afrique est le premier revers qu’il essuie après la vague de normalisation avec certains des pays arabes. Se sentant pousser des ailes, l’Etat sioniste a alors travaillé pour élargir sa zone d’influence comme s’il s’agissait d’une puissance planétaire. Il est allé jusqu’à établir de solides relations avec le royaume marocain assorties d’un accord sécuritaire. D’ailleurs, Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, est plus que favorable à l’inclusion d’Israël dans l’espace africain. Dans un interview accordée à Radio France International, il a estimé que «Moussa Faki était dans son bon droit», pas du point du vue «du fond», mais de «la procédure». Il a ensuite critiqué «trois ou quatre pays» sans les nommer qui, selon lui, «ont annoncé chez eux qu’ils allaient combattre cette décision». Pour lui, il s’agit d’une «surenchère nationale pour imposer leur position ici à l’Union africaine». Bourita a également estimé que «l’Union africaine a changé, qu’elle n’est plus la chasse gardée d’un pays ou deux» qui peuvent dire «non, on va bloquer» et, poursuivant sur le même ton belliqueux, il a ajouté «l’Afrique a changé, l’Union africaine a changé», car, a-t-il dit, «il se trouve aujourd’hui que 44 pays africains ont des relations avec Israël». A une question du journaliste qui voulait savoir s’il était favorable au statut d’observateur accordé à Israël, Bourita a répondu à la manière d’un contorsionniste «on est favorable à la mise en œuvre des textes de cette organisation».On voit bien que le sérail marocain a reçu un coup par ricochet puisque l’Algérie a été derrière l’annulation de la décision d’ouvrir à Israël les portes de l’organisation continentale. Il comptait probablement monnayer son soutien à Tel-Aviv en contrepartie d’un renforcement des liens entre leurs deux gouvernements. Mais les vents de la géopolitique ont finalement soufflé dans une direction qui va dans le sens des intérêts de l’Algérie, mais surtout dans celui de la juste cause de la Palestine. Cette affaire a, paradoxalement, aussi servi les intérêts de l’Union africaine quoiqu’en pense Bourita. Elle a permis de démontrer que les dirigeants du continent continuent d’exercer leur pleine souveraineté sur leur terre. Il est ainsi question de la création d’un Comité de sept chefs d’Etat africains pour formuler une recommandation au Sommet de l’UA qui est saisi de la question. Le cercle sera composé des présidents sénégalais, algérien, sud-africain, rwandais, nigérian, camerounais, et celui de la RD Congo. En tout état de cause, le 35e sommet de l’UA, auquel certaines voix avaient prédit l’échec, a examiné d’autres priorités que les visées israéliennes sur le continent. Il est axé sur le «renforcement de la résilience en nutrition» des populations africaines et sur l’accélération du «développement du capital humain, social et économique».

Ali Yousi-Massi

A propos LA NATION

Voir Aussi

Admission de la Palestine aux Nations-Unies : le Conseil de sécurité se prononcera jeudi

C’est demain jeudi que le Conseil de sécurité des Nations-Unies procèdera au vote concernant le …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *