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En dépit de 19.000 entreprises de recyclage : les ordures demeurent invincibles

Le nombre d’opérateurs spécialisés dans le traitement et le recyclage des déchets a dépassé les 19.000 opérateurs. Toutefois, l’Algérie est envahie par les détritus et par les rejets nuisibles à l’environnement qui mettent des siècles pour se dégrader.

Le secteur du traitement et de la valorisation des déchets industriels et domestiques peut devenir très florissant au regard de la matière première qui jonche toutes les villes et les villages algériens. Plus de 19 mille opérateurs (14.471 personnes physiques et 4.850 morales) ont senti l’aubaine et ont investi un domaine où il suffit littéralement de se baisser pour ramasser du plastique, des métaux, du papier et d’autres produits qui peuvent être revendus après recyclage. Exemple : les huit milliards de bouteilles en polytéréphtalate (PET) utilisées puis jetées chaque année par les Algériens peuvent être transformées à l’infini sous formes de granulats et servir ensuite à fabriquer d’autres objets.

Des sociétés privées ont déjà commencé à investir ce terrain, en achetant des contenants ramassés à mains nues par des cueilleurs dans les rues et les dépotoirs en contrepartie d’environ 50 dinars le kilo.

L’opération n’est pas officiellement encadrée. Les bennes spécialisées ont, certes, fait leur apparition dans certaines communes, mais elles sont souvent utilisées comme des poubelles pour l’ensemble des ordures. Il est vrai que certains habitants ont pris conscience de leur responsabilité de trier leurs déchets en plastique qu’ils mettent à part afin de faciliter le travail des cueilleurs. Sauf que la majorité continue de jeter ces emballages à même le sol ou à des endroits inappropriés.  

Résultat, les rues, les forêts, les rivières, la mer sont toutes polluées par divers types de conditionnements d’usage commun ou industriel. Ces détritus, qui mettent des siècles à se dégrader constituent, en plus d’enlaidir le paysage, un danger pour la nature et pour les animaux sauvages. La vie marine est ainsi sérieusement affectée par ces rejets qui sont le premier facteur de la dégradation des fonds marins.

130.000 tonnes par an de déchets

Selon le ministère de l’Environnement, l’utilisation du plastique à usage unique à l’instar des bouteilles, des pailles, des cotons-tiges et des filtres de cigarette ainsi que des emballages est la cause de 50% de la pollution marine. C’est ce qui ressort d’une étude menée en 2018 visant la caractérisation des déchets marins et côtiers dans neuf wilayas maritimes du pays.

Le traitement des données a fait ressortir que les matériaux en plastique (y compris le plastique à usage unique) constituent 75 % des déchets, suivis du caoutchouc avec 9 %. Les articles en papier et en métal représentaient, respectivement, 6 % et 5 %, suivi par le bois transformé et le verre/céramique (2 % pour chacun).

Les habitants du pourtour méditerranéen jettent chaque année 600.000 tonnes de plastique, soit l’équivalent de 34.000 bouteilles par minute. En Algérie, le plastique occupe à lui seul pas moins de 17 % de la quantité totale de déchets générés, soit 130.000 tonnes par an de déchets.

Pendant ce temps, les fabricants de ces récipients synthétiques ne se sentent aucunement responsables des dégâts qu’ils causent à la nature du pays. Selon une étude datant de 2020, 197 entreprises activent dans cette industrie, mais seulement 27% d’entre elles ont déclaré s’approvisionner chez des usines de recyclage. Trouver la matière première demeure une contrainte pour 34% des manufactures. Aussi le recours à l’importation, notamment du polyéthylène et du polypropylène, devient la seule solution pour répondre à une demande qui suit une exponentielle depuis des années. Le marché est donc florissant autant pour les fabricants que pour les utilisateurs comme les sociétés d’eau minérale, de boissons, de laitages, de bonbons, de chips et d’autres aliments conditionnés.

On peut donc aisément imaginer les bénéfices colossaux générés par ce marché captif riche de plus de 45 millions de consommateurs. Or aucune de ces entreprises ne s’implique dans la préservation de l’environnement en finançant, par exemple, des campagnes de sensibilisation ou en organisant la collecte des déchets non dégradables qu’elles mettent sur les étals.

Mourad Fergad

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un commentaire

  1. Azul,

    Très décevant et triste en même temps de voir comment les citoyens sont devenus insoucieux de leur environnement et ou le civisme est mis totalement de côté….car notre environnement dans lequel vivent les Algériens est devenu une poubelle. Les gens jettent, tous et sans exception, tout par terre. Il devrait y a voir une sanction (qui jette = paye une amende) pour limiter les dégâts et aussi mettre plus de poubelles un peu par tout…
    Thanemirth

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