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Après l’élimination de l’EN : les Algériens espèrent des lendemains meilleurs

photo AFP

Pour la première fois, un échec important de l’équipe nationale de football est récompensé par la gratitude et l’empathie du public. Il s’agit d’un changement culturel inédit.

Il y a quelque chose de positif dans la sortie prématurée de l’équipe nationale de football de la Coupe d’Afrique. Pour la première fois, le public a été indulgent envers ses représentants en dépit de leur débâcle dès la phase des poules.

Par une sorte de maturité collective, les Algériens ont décidé de soutenir leur sélection et de partager le malheur des joueurs et de l’entraîneur effondrés par la honte d’avoir perdu face à des adversaires à leur portée. Avec 35 matchs sans défaite, l’Algérie se sentait imbattable pour encore longtemps et rêvait d’un destin encore plus grand. On la donnait favorite du tournoi et personne n’imaginait qu’elle puisse être éliminée à la suite de deux faux pas face à la Sierra Léone et de la Guinée équatoriale suivis par la sévère correction qui lui a été infligée par la redoutable Côte d’Ivoire.

Tout cela n’a pas d’importance par rapport à la réaction sage et empathique dont a pu être capable la population qui a, d’ordinaire, l’émotion à fleur de peau lorsqu’il s’agit d’une blessure d’orgueil. Un changement culturel semble donc avoir remplacé l’intraitable caractère colérique des Algériens.

On se souvient que, en 1986, l’ancien sélectionneur Rabah Sâadane a dû fuir le pays pour échapper à la vindicte de certaines têtes brûlées. D’autres responsables et des capés ont également subi les foudres de la vox populi et de la presse à l’issue d’un revers sportif. Pourquoi, cette année, l’opinion a décidé d’être magnanime ?

Peut-être à cause de trois années d’excellents résultats réalisés par Belmadi, son attitude irréprochable et son abnégation à servir le drapeau alors qu’il pouvait bénéficier d’un haut salaire s’il avait succombé aux chants des sirènes montant de plusieurs destinations. L’homme a préféré se battre pour le pays de ses parents par un engagement indéfectible et le message a apparemment été clairement reçu par ses compatriotes.

Défensivement, les Algériens ont aussi été sensibles à la campagne médiatique destructrice déclenchée par certains pays pour bombarder leur formation. Révulsés par cette hostilité inédite et d’une virulence inexplicable, ils ont décidé de faire bloc autour des Verts qui doivent bientôt jouer un match barrage contre le Cameroun en vue de leur qualification au prochain Mondial.

Une approche pacifique de la vie en commun

Cette attitude est à inscrire également dans une approche pacifique de la vie en commun qui commence à plaire et prendre racine au pays depuis quelques années. Malgré l’accumulation de difficultés socioéconomiques, les pénuries qui touchent l’eau courante et quelques aliments de base dont l’huile de table ; malgré l’atmosphère délétère créée par la pandémie et par le manque de perspectives, les citoyens préfèrent patienter en espérant des lendemains meilleurs. Car, pour l’instant, hormis la joie d’avoir une team de football qui leur donne l’illusion de puissance, rien d’autre ne semble vraiment marcher.

Les jeunes rêvent de quitter le pays faute d’épanouissement et de projets d’avenir, les retraités végètent avec des pensions tellement rachitiques qu’elles provoquent la déprime, les femmes se marient de moins en moins et souvent mal. Le tableau est donc loin d’être réjouissant.

En plus de cela, les frontières sont menacées par l’éruption violente de conflits qui secouent la région. Avec une Libye et un Mali instables, avec le Maroc qui multiplie les provocations et affiche de plus en plus son hostilité, l’Algérie est sur le qui-vive et chacun de ses habitants sait qu’il ne faut surtout pas baisser la garde.

C’est toutes ces tensions que Belmadi et ses poulains ont réussi, un tant soi peu, à apaiser en multipliant les prouesses et l’envie de gagner. Une épopée qui leur a valu la gratitude de leur peuple et sa solidarité après un moment de faiblesse que tout le monde espère passager.

Toutefois, n’est-il pas dangereux pour un pays de s’appuyer sur une unique béquille et se bercer de chants patriotiques après des victoires symboliques ? Avec 45 millions d’âmes à gérer dans un monde de plus en plus concurrentiel où la force se mesure par d’autres qualifications que le football, il faut peut-être s’inspirer de la méthode Belmadi dans les secteurs vitaux pour le développement du territoire et de ses habitants. Mettre la balle dans le camp du coach en espérant qu’il sera toujours là pour produire, l’espace de 90 minutes, le bonheur et la fierté est une stratégie périlleuse car dans un jeu les mauvaises surprises arrivent souvent aux moments les plus inattendus.

Ali Younsi-Massi

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un commentaire

  1. L’ECHEC DE L’EQUIPE NATIONALE N’EST PAS DE BELMADI NI SA TACTIQUE MAIS SIMPLEMENT LA FAITGUE DES JOUEURS .JAMAIS ARIVER AVANT DEUX COMPETITON DEROULE D’UNE COURTE DUREE PLUS LA CHALEUR ET LHUMIDITE ETOUFE LES JOUEURS PLUS LA CONDITION DU TERRAIN ET L’ACOMODATION DE L’EQUIPE .DES LE PREMIER MATCH LES JOUEURS SONT FATIGUE LE 2EME MATCH LEURS PERFORMANCE DEGRADE ET LE 3EME MATCH ILS ETAIENT COMPLETEMENT SURRONDE ET DETERIORER
    L’EQUIPE ETAIT MAL PREPARER A CE TOURNOI AFRICAIN . ILS DEPENSENT UNE SOME COLOSSALE EN DEVISE POUR CES STAGES EN EUROPE OU A QUATAR ET LA SOLUTION EST AU PAYS ET GRATUIT .
    POURQUOI PAS CONSTRUIRE UN STADE AVEC DES NORMES COME D’ATRES STADES AU SUD COME AIN SALAH OU A AIN GUEZAM OU IL FAIT CHAUD TOUTE L’ANNEE SURTOUT EN ETE OU IL DEPASSE LES 50 DEGRE ET QUE CE SOIT L’EQUIPE NATIONALE OU L’EQUIPE DU CHAMPIONAT QUI VA JOUER EN AFRIQUE POUR L’ELIMINATOIRE Q’ELLE S;ENTRAINE PERIODIQUEMENT EN PLEIN DESERT ALGERIEN POUR S’HABITUER A LA CHALEUR ET VOUS VEREZ LE RESULTAT. PERSONE N’A PROPOSER CETTE IDE.
    VOUS PARLEZ TOUJOURS LA MERDE ET COME D’HABITUDE N’IMPORTE QUOI ET DE RIEN DANS VOS EMISSIONS TELE ,A LA RADIO OU LES ARTICLES JAURNAUX ET VOUTE TOUJOURS ONT VA GAGNIER LE PROCHAIN MATCH ,ONT VA GAGNIER LE PROCHAIN MATCH INCHAALLAH MAIS LA REALITE ET AUTRE CHOSE LES JOUERS ETAIT DEJA ETOUFFE DE LA CHALEUR ET LA FATIGUE DE LA COUPE ARABE AU QUATAR

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