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Visite de Macron en Algérie : pris à la gorge, l’Elysée courtise Alger

La visite du président français intervient dans un contexte géopolitique extrêmement tendu. Macron veut fermer le front qu’il a lui-même ouvert avec l’Algérie. Il veut maintenant apaiser le climat pour vaquer à d’autres occupations.

Emmanuel Macron fait actuellement face à de très grandes difficultés, même s’il s’abstient de montrer son désarroi en public. Le début de son deuxième mandat de président de la République française se caractérise par une situation sociale et politique explosive. En qualité de président de l’Union européenne pour l’année en cours est encore moins reposante. Le conflit en Ukraine s’enlise et ses conséquences commencent à étouffer les pays membres de l’UE.

Les choses sont, d’ailleurs, appelées à se compliquer, la Russie refusant de faire machine arrière. Ni Bruxelles, ni l’Otan, ni même Washington n’arrivent à infléchir sa détermination à imposer ses vues dans sa région. L’attitude de gagnant-perdant qu’elle oppose au monde occidental commence même à lui apporter des fruits.

La France, seule puissance nucléaire de l’espace européen, peine à se positionner en tant que challenger à l’ours polaire. Toutes griffes dehors, les Russes font bloc derrière l Vladimir Poutine et rêvent, avec lui, de rebâtir un nouvel empire.

Désemparé, subissant dans une étrange passivité le marteau du Kremlin et l’enclume de la Maison Blanche, l’Elysée a perdu l’initiative et espère le dénouement miraculeux de la situation. Celle-ci a été décrite en des termes alarmistes par François Bayrou, président du parti français le MoDem et allié de Macron.

«Mon sentiment profond est que nous allons vers la crise la plus grave que la France ait connue depuis la guerre », a dit le politicien dans une récente interview au magazine parisien le Point, affirmant que ce sera probablement «pire même que la guerre d’Algérie ». Dans une mise en garde à l’opinion publique contre cette issue, il a ajouté que parfois il a « l’impression que le monde politique lui-même ne se rend pas compte de ce qui vient».

Bayrou a résumé les menaces qui guettent son pays par le conflit en Ukraine, la risque de crise alimentaire notamment en Afrique, les tensions raciales aux États-Unis, la situation en Chine ou encore les élections en Italie, où la cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, est en tête des sondages en vue des législatives du 25 septembre.

Il a également évoqué la transition énergétique, la « très forte inflation » et la question du «déséquilibre» des finances de l’Etat français, dont « plus personne dans l’opinion publique ne paraît avoir vraiment conscience ».

Le constat amer de Bayrou a été confirmé par Emmanuel Macron qui a prévenu son peuple, hier, que les prochains mois seraient difficiles et marqués par «la fin de l’abondance». «Le moment que nous vivons peut sembler être structuré par une série de crises graves (…) Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement», a-t-il déclaré lors d’une allocution devant ses ministres, exceptionnellement retransmise.

L’Algérie où il entame aujourd’hui une visite d’Etat apparaît donc comme une planche de salut pour atténuer, un tant soit peu, la conjoncture désastreuse que traverse son pays. Ce pas périlleux qu’il effectue au pays dont il a insulté, l’an dernier, les gouvernants, l’histoire et l’identité témoigne de l’angoisse qui l’étreint. Il aura besoin de déployer des trésors de charme, d’intelligence et de concessions pour effacer l’affront.

Ali Younsi-Massi  

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