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Sommet arabe d’Alger : Tebboune lundi au Caire

Les chefs d’Etats arabes devaient se réunir à Alger en mars 2022,  mais à quelques semaines de cette échéance rien n’est encore fixé. Le déplacement de Tebboune en Egypte est sans doute motivé par cette question.

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune est aujourd’hui au Caire pour une visite probablement liée à l’organisation du Sommet arabe d’Alger. Il discutera certainement avec son homologue égyptien du peu d’empressement des chefs d’Etats de la Ligue arabe à se réunir à Alger pour examiner la situation de leur région et prendre des décisions concernant plusieurs dossiers brûlants.

Des rumeurs circulent ces derniers temps sur l’ajournement du Sommet à cause d’une prétendue mésentente entre ces dirigeants sur de nombreuses questions. Mais cette issue a été formellement démentie par la diplomatie algérienne. Elle a ainsi qualifié ces allégations de “contrevérités” et indiqué que la date de la réunion n’a pas été fixée et aucune décision la concernant n’a encore été prise, selon le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra. Celui-ci a précisé que “conformément aux mesures en vigueur dans le cadre du système arabe, le président de la République compte proposer une date alliant la symbolique nationale historique et la dimension arabe, une date qui consacre les valeurs de la lutte commune et de la solidarité arabe”.

Il faudra, cependant, attendre l’adoption de cette journée par “le conseil des ministres arabes lors de sa session ordinaire prévue en mars prochain, avec l’initiative de l’Algérie et l’appui du secrétariat général de la Ligue arabe”. L’instance devra aussi “parachever le processus préparatoire dans la forme et dans le fond, découlant ainsi sur la réalisation des conclusions d’une politique confortant la crédibilité et l’efficacité de l’action arabe commune”, a ajouté Lamamra.

Des contacts sont actuellement en cours entre le président Tebboune et ses homologues pour arrêter le calendrier de ce rendez-vous et se concerter sur ses objectifs. L’Algérie attend que la session soit l’occasion de mettre à plat toutes les problématiques qui secouent le monde arabe, particulièrement depuis les révoltes de 2011.

Ce bouleversement historique a totalement remis en cause les relations entre les pays de la région et créé de profondes divisions entre eux. En plus des guerres civiles qui ont longtemps déchiré la Syrie, la Libye, l’Irak et le Soudan, un conflit fratricide a lieu au Yémen, le plus pauvre et le moins avancé de tous. Une coalition menée par Riyad et Abu Dhabi a pratiquement détruit cet Etat qui se défend en lançant des attaques par intermittence sur ses adversaires. La dernière a ciblé la capitale des Emirats arabes unis lorsque des drones ont visé des camions citernes provoquant la mort de trois personnes (un Pakistanais et deux Indiens) et six blessés, dont deux Égyptiens. En représailles, la coalition a lancé une frappe aérienne contre une prison tenue par les rebelles houthis au Yémen. Bilan : au moins 70 morts et une centaine de blessés.

L’autre dossier qui divise les membres de la Ligue arabe concerne la réadmission de la Syrie dans sa profondeur géopolitique naturelle, mais les pays du Golfe sont réticents à l’idée. Le régime de Bachar El Assad qui est l’allié de Téhéran est perçu comme une menace contre les intérêts des monarchies de la Péninsule arabique.

L’enjeu libyen constitue également une pomme de discorde dont on n’entrevoit pas encore de solution. Plusieurs acteurs étrangers dont des pays arabes à l’image des Emirats y maintiennent un statu quo fragile par l’entremise de milices locales et des groupes de mercenaires pour le garder sous leur contrôle.

Evidemment, la cause la plus lancinante et sur laquelle l’idéologie panarabiste s’est fondée réside dans la question palestinienne, mais celle-ci est de plus en plus délaissée au profit d’une normalisation avec Israël dont l’influence augmente résolument dans le tissu arabe. La lutte contre l’expansionnisme de l’Etat sioniste n’inquiète plus certains régimes qui le voient, au contraire, comme une digue de protection contre l’Iran.

Au vu de toutes ces contradictions, unir sur des objectifs communs des présidents et des monarques arabes, aux vues et aux intérêts souvent divergents, se présente comme une véritable gageure. Sauf que cette zone que tout prédestine à devenir un bloc soudé et prospère est en train de sacrifier son futur pour des considérations conjoncturelles de leadership et des calculs égoïstes étroits.

Ali Younsi-Massi 

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