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Marchés internationaux des hydrocarbures : les compagnies nationales dament le pion aux multinationales

Les compagnies nationales de l’énergie ont augmenté leur production de 38,5 millions de barils par jour en 2000 à 47,5 millions de barils en 2021, portant ainsi leur part de marché de 52% en 2000 à 55% en 2010, avant de se stabiliser à 51% en 2021.

Les compagnies nationales des hydrocarbures jouent, ces dernières années, un rôle de plus en plus important sur les marchés internationaux, en augmentant, remarquablement, leurs parts de marché dans les domaines du pétrole, du gaz et des industries manufacturières, par rapport aux compagnies internationales, selon une analyse de l’expert international auprès du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), M. Abubakar Jibrin Abbas.

Dans une analyse publiée récemment sur le site du Forum, le même expert donné un aperçu des développements majeurs des marchés de l’énergie, avançant des données sur les indicateurs de performance opérationnelle et financière des compagnies de pétrole et de gaz durant les deux dernières décennies.

Ces données montrent un “saut qualitatif” en termes de production du gaz naturel par les compagnies nationales de l’énergie, passant de 34 à 58 trillions/m3 de 2000 à 2021. Cette augmentation a permis d’accroître la part du marché des compagnies nationales de 45,5% en 2000, à 46,6% en 2021, avec 60% des réserves mondiales du gaz naturel, ce qui “reflète leur rôle pivot sur la scène internationale de l’énergie”.

Par ailleurs, les compagnies nationales de l’énergie ont maintenu, deux décennies durant, leur domination sur les réserves de pétrole au niveau international, avec une augmentation de 67% en 2000, à 71% en 2021, selon la lecture de M. Abbas, l’analyste principale des prévisions de l’énergie au Forum des GECF.

En analysant les données, l’expert a souligné une augmentation de la production des entreprises nationales de 38,5 millions de barils par jour en 2000 à 47,5 millions de barils en 2021, portant ainsi leur part de marché de 52% en 2000 à 55% en 2010, avant de se stabiliser à 51% en 2021. “Cela met en lumière l’impact durable des entreprises nationales d’énergie sur la scène mondiale de la production de pétrole”, a soutenu M. Abbas.

L’expert s’est également félicité des investissements réalisés par les entreprises nationales d’énergie dans les industries manufacturières en vue d’augmenter leur part sur le marché des produits énergétiques, ce qui leur avait permis d’assurer une part de marché de 27% en 2021, contre 19% pour les principales entreprises internationales d’énergie, renforçant ainsi leur “capacité à maîtriser la fluctuation des prix et à créer un environnement de travail plus puissant”.

Dans ce cadre, les données indiquent une courbe ascendante pour la capacité de raffinage des entreprises nationales d’énergie, qui est passée de 19% en 2000 à 30% en 2021, tandis que les grandes entreprises mondiales n’ont pas réussi à maintenir leur capacité de raffinage au cours de cette période.

Nécessité de se tourner vers la technologie de captage carbone

 Evoquant le rôle des entreprises nationales dans la transition énergétique, l’expert a mis en avant l’importance de ces entreprises au vu des réserves énormes qu’elles détiennent, notamment en matière de gaz naturel qui occupera une position stratégique dans les prochaines décennies, en ce sens qu’il présente un double avantage, à savoir répondre aux besoins énergétiques du monde à des prix raisonnables et contribuer à la réalisation des objectifs environnementaux, étant une des sources d’énergie fossile les plus propres. Cependant, les compagnies d’énergie nationales font face au défi consistant à réaliser un équilibre entre l’augmentation de la production du gaz naturel pour assurer une énergie fiable à des prix raisonnables pour un développement mondial inclusif et durable d’une part, et la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour protéger l’environnement d’autre part.

A cet effet, il a souligné l’importance pour les compagnies d’énergie nationales de s’orienter vers la technologie de captage, d’utilisation et de stockage du carbone, car constituant «un moyen efficace en termes de coûts, et partant contribue significativement aux efforts mondiaux visant à en réduire les émissions», prévoyant, dans ce sens, l’apparition d’une industrie élargie pour le captage, l’utilisation et le stockage du carbone, une industrie qui sera, selon lui, aussi efficace et importante que l’industrie pétrolière et gazière.

L’analyste a souligné qu’en plein débats en cours sur les mutations énergétiques, «les réserves de gaz naturel continuent de jouer un rôle central, le gaz naturel étant le plus propre type de combustibles fossiles, lequel maintient sa place sur le marché grâce à ses nombreux avantages, en tant que matière première pour l’hydrogène, l’ammoniac et autres combustibles électriques et son acceptation par les consommateurs mondiaux d’énergie, en raison de ses faibles émissions polluantes». Il a estimé, dans ce sens, que les compagnies d’énergie nationales “sont prêtes à travers leurs grandes réserves de gaz naturel, de contribuer de manière significative à la production de l’hydrogène, considéré comme étant un élément déterminant pour l’avenir d’une énergie plus durable”.

Synthèse : S. Aït Kaci

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