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Les prix du pétrole peuvent atteindre de nouveaux sommets : la  politique payante de l’OPEP+

L’approche prudente et le suivi permanent de l’évolution du marché pétrolier permettront de maintenir le prix de 90 dollars qui profite à la fois aux producteurs et aux consommateurs, et consacre le rôle de l’alliance “OPEP+” dans la gestion du marché international du pétrole.

Des experts en énergie ont affirmé que la hausse continue des prix du pétrole que connaissent les marchés mondiaux depuis des semaines, et appelée à atteindre le seuil des 100 USD, reflète l’efficacité de la politique prudente adoptée par le groupe “OPEP+” face à l’escalade des tensions géostratégiques.

A ce propos, l’expert Ahmed Tartar a estimé, dans une déclaration à l’APS, que les prix ayant dépassé 90 USD, sont en adéquation avec la politique prudente de l’OPEP+ qui a réussi à établir “un équilibre précis” entre l’offre et la demande. L’approche prudente et le suivi permanent de l’évolution du marché pétrolier permettront de maintenir ce prix qui profite à la fois aux producteurs et aux consommateurs, et consacre le rôle de l’alliance “OPEP+” dans la gestion du marché international du pétrole en vue d’atteindre une fourchette de prix au mieux du développement des sociétés des pays producteurs sans perturber les équilibres financiers des pays consommateurs, a-t-il ajouté.

L’expert a également souligné l’importance de la réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), tenue le 3 avril dernier, et qui a salué l’engagement des pays participant aux quotas de réduction et aux réductions supplémentaires volontaires, tout en s’apprêtant “à prendre des mesures supplémentaires pour faire face à toute éventualité”.

Cette réunion, poursuit-il, a notamment contribué à soutenir les marchés, et confirmé le souci des producteurs de pomper uniquement les quantités nécessaires sur le marché pour atteindre “un prix équilibré”.

Selon l’expert, cela démontre que l’OPEP+, qui surveille la situation de mois en mois, gère le processus avec minutie en ce sens qu’elle a réussi à concilier de manière positive entre l’offre et la demande au milieu de l’année en cours, en attendant que les pays de l’alliance se réunissent à nouveau début juin afin de réexaminer cette trajectoire suivant l’évolution du marché.

S’agissant des variables prises en considération par les pays de l’Organisation et leurs alliés, M. Tartar a particulièrement rappelé l’état de l’économie mondiale, encore impactée par les retombées de la pandémie du Covid-19 et les tensions géopolitiques en Europe de l’Est et au Proche-Orient, particulièrement liées aux régions de production ou de transport du pétrole.

Pour l’expert Choeib Boutamine, les décisions du groupe OPEP+ et la réduction volontaire de production par ses membres ont considérablement contribué à résorber la surabondance de l’offre sur le marché. Par ailleurs, les efforts du Groupe ont récemment été renforcés par la décision de l’Irak de réduire encore une fois ses exportations le mois prochain, en vue de compenser toute augmentation enregistrée en janvier et février dépassant sa part, prévue en vertu des accords de l’OPEP+.

En outre, de nombreuses raffineries dans le monde entier s’arrêtent pour entrer en phase de maintenance avec l’arrivée du printemps, sachant qu’en Chine, seulement, certaines raffineries devraient arrêter le raffinage de près de 800.000 barils/jour. Si nous ajoutons à cela l’ensemble des facteurs géostratégiques dont l’intensité s’est accrue ces derniers temps, a-t-il dit, l’on pourrait comprendre les raisons de l’augmentation notable des prix du pétrole à plus de 91 USD/baril, avec une hausse de près de 10 USD, le mois dernier.

Cependant, il est difficile de prévoir la poursuite de cette tendance à la hausse des prix dans les prochains mois, eu égard à son lien relativement instable avec des facteurs conjoncturels, selon M. Boutamine. Parmi ces facteurs figurent les décisions des Banques centrales des grandes économies telles que les Etats-Unis et l’UE concernant les taux d’intérêt, ainsi que l’impact potentiel d’une future baisse de ces taux sur la hausse de l’activité économique et donc sur la demande.

Cependant, l’OPEP+ doit profiter de toute augmentation future de la demande afin de préserver ses parts de marché, selon l’expert qui estime que si les prix se stabilisent entre 85 et 90 USD jusqu’en juin prochain, l’alliance devra injecter près d’un million de barils/jour pendant la saison estivale, qui se caractérise par une augmentation de la demande dans le secteur des transports.

L’expert a, en outre, mis en garde contre toute autre augmentation excessive des prix, car cela permettrait aux pays producteurs hors OPEP+ d’élargir leurs parts sur le marché international, mais aussi d’accroitre l’inflation et par conséquent réduire la demande.

Pour rappel, le JMMC a salué, lors de sa dernière réunion, l’engagement des pays membres de l’alliance, et ce, après révision des rapports de production de pétrole brut pour les mois de janvier et février 2024. Le JMMC a également salué l’engagement de l’Irak et du Kazakhstan de parvenir à une conformité totale et de compenser l’excédent de production, ainsi que l’annonce par la Russie que ses ajustements volontaires pour le deuxième trimestre 2024, concerneront “la production plutôt que les exportations”, alors que les pays ayant un excédant de production au premier trimestre de l’année en cours, présenteront, pour leur part, leur plans de compensation détaillés au secrétariat de l’OPEP le 30 avril en cours.

Synthèse : S.A.K

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