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“En Vrac” par Madjid Khelassi : l’été meurtrier

Cet été, la vue sur les vacances donne sur le Corona ! Son omniprésence jette une ombre terrorisante sur toute envie de voyage. Au piquet tout le monde ! La vedette de l’année 2020 est le mot fermé. Aéroports fermés, consulats et bureaux de visas fermés, espace Schengen fermé, frontières de nos voisins de l’Est et de l’Ouest fermées.  Même les possibilités de vacances locales sont fermées…C’est l’été meurtrier dans un cannibalisme viral sans précédent.

Maillots, shorts, bermuda, palmes, tuba, planches à voile, porteront le deuil des vacances impossibles. Tout se racontera au passé. L’été dernier ou celui d’avant.
Tunis, Nabeul, pour certains, Casablanca, Marrakech pour d’autres, Barcelone, Naples, Marseille pour les Schengenisés.  Le « tu te souviens » redevient le carnet de bord des vacances d’antan.
Mer et boustifaille…Omniprésence du poisson à bon marché dans ces contrées et revanche sur le marché noir du poisson algérien dans la cruauté lucide du constat…Le poisson vendu presque au prix de l’or dans l’Algérie des 1800 kilomètres de côtes. Les enfants ne tiennent plus en place…Impossible de leur dessiner un horizon dans la verticale boucherie du Covid.  Leur lamento broie du noir pour ces vacances empêchées par un virus fantôme. Fais pas ci, fais pas ça ! Reste ici, reste là…L’appart, où les enfants sont consignés, prend des allures d’une maison de correction.
On ira au bled demain, disent les parents. Quel bled ? Répondent les plus futés des mômes. Les virées inter-wilayas sont interdites, dit l’aîné !

Été 2020…Chronique d’un dérèglement social désespérant. C’était si simple dans le monde d’avant. Colonies, virées en car dans la Tunisie vacancière, trempettes quotidiennes dans les criques du littoral algérien, transhumance chez les cousins dans leur cabanon acheté sans papiers entre Beni-Ksila et Melbou…Mais vacances quand même !  Juillet 2020, le peuple masqué relit chaque jour le petit traité du confinement ! Il n’est plus question de vacances mais de survie.  Le Covid, Serial Killer sans sentiments, tue chaque jour des milliers d’êtres humains de par le monde ! Il ne connaît ni vacances, ni repos, ni répit.  Et si on se mobilisait…masqués, distanciés, déterminés, pour lui signifier son congé, ses vacances définitives ? Nos prochains rêves de mer et de voyages sont à ce prix-là !

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