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L’économie mondiale s’emballe , les Etats aussi

La chronique d’Anouar El Andaloussi

La crise sanitaire et la guerre en Ukraine ont montré les vulnérabilités du système économique mondial. Au cours de cette année, les sommets se succèdent, mais les incertitudes sur l’avenir s’agrandissent. La réunion du G7, puis celle de l’OPEP, puis plus proche de nous, le sommet de la ligue arabe, le sommet de la COP27 et le G20 sans compter les rencontres régionales. On a beaucoup parlé de l’état des lieux et de l’urgence d’agir, mais on n’a défini ni les plans d’action, ni surtout les moyens à mobiliser immédiatement. Pendant ces débats, les économies mondiales s’enlisent dans des problèmes sérieux comme l’approvisionnement en matières premières pour les uns et en produits alimentaires pour les autres. L’endettement des Etats, soit par la création monétaire, soit par emprunts sur les marchés financiers, risquent de créer une crise grave. Déjà que l’inflation est devenue mondiale et c’est la première fois que la quasi-totalité des pays est touchée depuis très longtemps. Des pays vont connaître une récession cette année. Les crises économiques ont toujours existé, aujourd’hui c’est la propagation de la crise d’un pays ou d’une région vers le monde entier de manière rapide qui est inquiétante. Le libre-échange a apporté beaucoup au développement économique du monde, mais en même temps il a rendu l’interdépendance des économies un facteur de vulnérabilité pour les faibles. En un mot, les relations économiques se sont mondialisées mais la gouvernance politique et même monétaire est restée nationale. La mondialisation et le libre-échange c’est bien quand l’économie est en bonne santé, mais deviennent néfastes qu’on la crise s’installe. L’aisance et la prospérité économiques sont plus ou moins partagées, mais la crise est supportée par chacun et on revient au patriotisme, au protectionnisme et même au souverainisme économique, qui sont tous des postures anti-mondialisation et anti-libre échange. Le cas de l’environnement est exemplaire : chacun pollue à sa manière mais tout le monde subit les effets négatifs, celui qui pollue subit la même chose que celui qui ne pollue pas ou peu. On peut faire, à peu près, le même raisonnement pour les monnaies de transactions internationales. La mondialisation n’est pas achevée tant que la gouvernance mondiale de la régulation et de la gestion des biens communs n’est pas réglée. Face à l’économie mondiale, il faut une gouvernance mondiale. Le système des Nations Unies (autour de l’ONU) n’est plus apte à jouer ce rôle de gouvernance mondiale, il a été créé dans d’autres circonstances et pour d’autres objectifs. Aujourd’hui il n’est plus en mesure de réguler l’économie mondiale et encore moins de définir les biens communs, les externalités collectives et les responsabilités éthiques. La réforme du système des Nations Unis élargi (ONU et ses agences, FMI, BM, OMS, OMC…) doit être la priorité absolue des dirigeants du monde, sinon la guerre seule pourra arbitrer les divergences, les différends autour des intérêts nationaux et des égoïsmes culturels bien installés. Pourtant le système actuel autour des institutions onusiennes et celles de Bretton-Woods a été élaboré à la fin de la 2e guerre mondiale pour éviter les guerres dans l’avenir,   il a tenu 77 ans, c’est l’espérance de vie d’un homme en Algérie. Pour reprendre une idée de Pascal Boniface sur le G20 et qui peut être généralisée à tous les sommets et fora : « G20 : Directoire mondial ou Forum inutile ».

A.E

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