Les ressources minières sont devenues la colonne vertébrale de la transformation économique moderne, ne se limitant plus à l’extraction et à la commercialisation, mais englobant désormais la valorisation.
Après l’inauguration en grande pompe le 1er février dernier du gisement de fer de Gara Jebilet à Tindouf puis le lancement officiel, il y a quelques jours, des travaux de la mine de Zinc à Béjaia, c’est au tour du projet de la mine intégrée de phosphate de Blad ElHadba, dans la wilaya de Tébessa, de voir le bout du tunnel, confirmant ainsi la grande dynamique que connait ces derniers mois le secteur des mines . Le chef de cabinet de la secrétaire d’État aux Mines auprès du ministre de l’Énergie et des Mines, Jamal Eddine Choutri, a révélé, lors de son passage ce lundi à l’émission ‘’L’Invité de la Une’’ de la chaine1 de la Radio algérienne, que le lancement de l’exploitation de cette mine interviendra d’ici la fin du mois d’avril prochain, avec l’aménagement d’un quai dédié à l’exportation au port de Béjaïa.
La mine de Blad El Hadba est l’une des plus grandes réserves de phosphates en Algérie, avec des réserves estimées à 800 millions de tonnes de minerai titrant 15% de pentoxyde de phosphore. Lors d’une rencontre avec des représentants de la société civile au cours de sa visite de travail, en novembre 2055, dans la wilaya de Constantine, le président Tebboune avait assuré que le projet de phosphate intégré “augmentera la production annuelle de phosphate en Algérie, la faisant passer de 2,5 millions de tonnes à 10,5 millions de tonnes”, avant de souligner que la production de minerais et d’engrais constitue “une nouvelle arme dans le monde”. Selon des statistiques, l’Algérie figure parmi les dix premiers pays dans le monde en matière de réserves de phosphate, ces dernières étant estimées à plus de 3 milliards de tonnes dans l’Est du pays, dont la plupart se trouvent dans la mine de Bled El Hadba avec environ 1,2 milliard de tonnes pouvant être exploitées pendant plus de 80 ans.
D’autre part, M.Choutri confirmé l’existence d’une coordination entre les différents secteurs pour la réalisation du projet de zinc et de plomb. Au niveau du projet de Tala Hamza et Oued Amizour, le secteur de l’énergie prend en charge le raccordement au réseau électrique, tandis que le secteur des travaux publics s’occupe de la liaison routière vers l’autoroute, en plus de la réalisation d’un pont reliant la mine à la base de vie. Par ailleurs, des travaux sont en cours au port de Béjaïa, où un quai spécifique a été aménagé en vue de l’exportation future.Selon d
Dans le même contexte, il a souligné l’importance de relancer l’industrie minière et le rôle des grands projets dans la transformation économique et le développement des industries de transformation. Le secteur des mines est désormais considéré comme l’un des piliers fondamentaux de la diversification de l’économie nationale hors hydrocarbures. Pour mettre en œuvre cette stratégie, a-t-il ajouté, le pays a entamé la réalisation de grands projets miniers longtemps en attente de relance, à l’instar du projet de Gara Djebilet, qui est entré en phase d’exploitation effective. Le deuxième projet concerne l’exploitation de la mine de zinc et de plomb de Tala Hamza et Oued Amizour, d’une importance comparable à celle de Gara Djebilet, puisqu’il représente une réserve considérable de valeur mondiale, classée parmi les plus importantes au monde.
De son côté, le directeur général du groupe Sonarem, Reda Belhadj, a mis en avant l’importance stratégique de la mine de zinc et de plomb de Béjaïa pour répondre à la demande intérieure en matières premières. Il a précisé que les ressources minières sont devenues la colonne vertébrale de la transformation économique moderne, ne se limitant plus à l’extraction et à la commercialisation, mais englobant désormais la valorisation. Il a également souligné que l’importance des ressources minières réside dans la réalisation de la souveraineté économique. Il est, selon lui, inconcevable de développer des secteurs industriels comme la sidérurgie sans disposer des matières premières nécessaires. Cela permettra également de développer l’industrie de transformation, de réduire la facture des importations et constitue un indicateur positif.
Le patron de la Sonarem a ajouté que la création d’une chaîne de valeur, de l’extraction jusqu’aux produits finis, est essentielle, car elle contribue à dynamiser l’économie, à créer des emplois et à rendre l’économie plus active, tout en exploitant au maximum les ressources minières. Il a enfin indiqué que cela permettra d’attirer des investissements étrangers, d’introduire des technologies modernes et des capitaux, de conclure des partenariats stratégiques avec différents pays, de créer des pôles industriels, ainsi que de soutenir l’orientation vers les technologies vertes, les métaux rares étant aujourd’hui au cœur de la transition énergétique.
Synthèse : A.C
LA NATION Quotidien National D'information