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Emploi : un demi-million d’oisifs non comptés parmi les chômeurs

La situation sociale risque de se compliquer par l’existence d’une masse de citoyens, jeunes pour la plupart, qui ne travaillent et ne cherchent même pas un emploi. Ce phénomène risque d’aggraver l’insécurité dans le pays.

En plus de 1 million et demi d’Algériens recensés en tant que chômeurs, 500 mille autres oisifs échappent aux radars puisqu’ils ne cherchent même pas un travail et se complaisent dans cette situation, selon une source informée. Désœuvrés, pour certains d’entre eux à vie, ils font partie de ce qu’on appelle le «Halo du chômage» qui regroupe des personnes inoccupées mais qui ne demandent plus d’emploi. Ces individus ont peut-être demandé un poste à un moment ou un autre mais ils ont baissé les bras pour vivoter au jour le jour.

Leur nombre est estimé de manière approximative parce qu’ils ne figurent dans aucun registre officiel. Ils sont probablement le fruit de l’échec et de la déperdition scolaire précoces ; des recalés qui, de surcroît, n’ont pas bénéficié de formation professionnelle. Résultat, ils restent à la charge de leur famille ou, pour une partie d’entre eux, rejoignent la rue. D’ailleurs, on peut voir dans toutes les villes et les villages du pays de jeunes inactifs presque analphabètes qui ne semblent espérer plus rien de la vie.

Leur effectif important (près d’un demi-million) en fait cependant une bombe à retardement. Il s’agit d’une armée d’inoccupés, livrés à eux-mêmes, sans instruction, sans qualifications, sans repères et sans intégration à la société. Dépourvus par conséquent de sens de la responsabilité, ils sont candidats à tous les vices, à la délinquance, et susceptibles de grossir les rangs de la criminalité ou, pis, de devenir la proie de recruteurs de terroristes.

La question devient d’autant plus inquiétante lorsqu’on sait la disponibilité de stupéfiants, en particulier les drogues de synthèse et les autres substances psychoactives, qui favorisent la violence et inhibent l’empathie. Régulièrement, la presse fait état de batailles rangées sanglantes où des jeunes s’affrontent, à coups de gourdins, de sabres et de couteaux, souvent pour des vétilles ou pour le contrôle des territoires. Ces rixes se soldent dans des cas par des morts et des blessés, créant un climat de psychose permanent parmi les habitants en premier lieu ceux des cités-dortoirs nouvellement construites.

Officiellement, le taux de chômage en Algérie tourne autour de 11 à 12 % de la population active. Près de la moitié des chômeurs n’a aucun diplôme, tandis que le quart possède une formation professionnelle et le quart restant est formé par les sortants de l’enseignement supérieur.

Les secteurs qui emploient le plus sont le Bâtiment et les Travaux publics (17% de la main d’œuvre totale), l’administration publique (16%), le commerce (16%), la santé et l’action sociale (15%). C’est le secteur privé qui est le plus dynamique dans ce domaine puisqu’il absorbe 62% de la main-d’œuvre contre 38% pour le secteur public.

Ces chiffres qui remontent à 2019 ont dû se détériorer sous la pandémie du Covid. Une grande partie des entreprises a en effet été contrainte de licencier, définitivement ou temporairement, des employés. Les recrutements de nouveaux salariés ont été, d’autre part, pratiquement partout suspendus.

Les jeunes qui sont arrivés ces dernières années sur le marché du travail ont donc peu de chance de trouver un emploi. Auparavant, le taux de participation à la force de travail de la population âgée de 15 ans et plus atteignait 42% (67% pour les hommes et 17% pour les femmes).

Entre-temps, les Algériennes mettent plus d’un million d’enfants vivants au monde par an. Cette fécondité se traduit par l’énorme poids de la tranche d’âge des moins de 15 ans qui représente 30% de la population, soit plus de 13 millions d’âmes. C’est une poussée énorme qui créera dans les années à venir une pression intenable sur l’Etat appelé à répondre à ces besoins irrépressibles alors que ses moyens sont en baisse depuis des années.

Mohamed Badaoui

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