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Conseil des ministres : l’atteinte à l’économie : un «crime qui ne saurait être pardonné»

L’Etat a décidé de sévir contre les groupes et les individus qui nuisent à l’économie, notamment en matière d’infraction à la législation du change et des mouvements des capitaux. Des peines lourdes sont prévues.   

L’Etat a décidé de durcir la répression contre les atteintes à l’économie notamment les infractions à la législation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger. Le président de la République a ainsi affirmé, lors du dernier Conseil des ministres, que «l’atteinte à l’économie nationale ne relève pas du délit, mais du crime qui ne saurait être pardonné». Cela est également valable, a-t-il précisé, pour «les infractions à la réglementation des changes et des mouvements des capitaux qui constituent elles aussi un crime nuisible aux intérêts du pays et exige l’application des peines les plus lourdes».

Cette mise au point semble présager d’une action contre les marchés noirs des devises, y compris le plus célèbre d’entre eux, celui du Square Port Saïd à Alger qui active depuis des décennies à proximité de plusieurs institutions régaliennes dont le Tribunal d’Alger et le Parlement.

Le serrage de vis décidé par Abdelmadjid Tebboune augure probablement aussi de l’ouverture de bureau de change officiel comme cela est réclamé par la majorité des Algériens. Car non seulement les bazars de la monnaie étrangère ne sont contrôlés par aucune institution mais peuvent aussi abriter des faussaires et des escrocs. Ils permettent aussi le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et le financement d’activités illicites.

En tout état de cause, l’existence de tels endroits constitue en soi un outrage à la Justice et fait des honnêtes citoyens qui sont obligés d’y acheter et de vendre leurs devises des criminels au regard des lois de la République.

Apparemment, les autorités veulent maintenant mettre de l’ordre dans ce capharnaüm et probablement faciliter l’accès des citoyens aux devises via le secteur bancaire. Une telle perspective soulagerait à coup sûr les individus désireux de se rendre à l’étranger pour telle ou telle raison et ceux qui cherchent à acquérir un article, un médicament par exemple, indisponible en Algérie. Elle enlèvera, d’autre part, un lourd fardeau sur les entreprises, en particulier les plus petites, en rendant plus aisées les opérations extérieures.

Dans un autre registre, mais toujours en matière d’économie, le Conseil des ministres a autorisé «l’importation du matériel agricole, tous types confondus, ainsi que ses pièces de rechange, soit par les particuliers à titre individuel ou par les sociétés». Les engins usagés de moins de cinq ans sont temporairement concernés par la dérogation, «en attendant de parvenir à un équilibre entre les tracteurs fabriqués localement et ceux importés».

Devenu le secteur stratégique par excellence à une période où pèse sur le monde la menace d’une grave crise alimentaire, l’agriculture bénéficie d’une grande attention des pouvoirs publics.  

Le Conseil des ministres a ainsi souligné la «nécessité de faire sortir l’agriculture du caractère social» au profit d’un «caractère scientifique suivant une vision moderne qui inclut la formation et la qualification de la ressource humaine». Cela passe, selon le communiqué qui a sanctionné sa dernière réunion, par l’adoption «de nouvelles techniques de construction des infrastructures de stockage des récoltes agricoles en vue d’accélérer les opérations de réalisation, notamment dans les wilayas connues pour leur production abondante». Le gouvernement compte, par ailleurs, «durcir le contrôle sur le forage non étudié des puits qui expose les eaux souterraines potables au danger de salinité, notamment avec le stress hydrique et les changements climatiques».

Mohamed Badaoui

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