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Les prix s’envolent et la régulation tarde à les rattraper

Le prix de certains fruits et légumes, en particulier les féculents hautement appréciés par les Algériens durant l’hiver, ainsi que les viandes blanches connaissent une hausse disproportionnée par rapport au pouvoir d’achat de la majorité des consommateurs.

La tomate a battu des records la semaine dernière en s’écoulant entre 200 et 250 dinars le kilogramme, suivant les quartiers. Le poulet a atteint la barre des 600 dinars le Kg et les légumes secs ont pris également l’ascenseur en raison de leur relative pénurie. Les pois chiches (quand on en trouve) se vendent à 450 dinars le kg. Les lentilles et les haricots blancs ont eux aussi gagné en valeur.

Pourtant, à la fin juillet, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) avait publié une note indiquant les prix officiels de ses ventes aux entreprises, aux grossistes, aux détaillants et aux particuliers. Dans l’ordre, les pois chiches devraient coûter 350 DA/Kg aux entreprises, 355 DA/kg aux grossistes, 360 DA/kg aux détaillants, et 380 DA/kg aux particuliers. Suivant la même progression, les lentilles et les haricots blancs sont compris dans une fourchette allant de 250 DA à 280 DA/kg. Quant au riz, il oscille de 130 à 160 DA/Kg.

Dans la réalité, ces seuils sont largement dépassés. La cherté de ces produits de base est due à la combinaison de plusieurs paramètres. Certaines analyses estiment que la flambée de la mercuriale a commencé avec l’arrêt des importations des intrants et des aliments revendus en l’état. D’autres expliquent la situation par la spéculation et la rapine. Profitant de leur rareté, des intermédiaires indélicats ont artificiellement augmenté les marges.  

Au début du mois d’août, lors de sa rencontre périodique avec la presse, le président Abdelmadjid Tebboune a lui-même soupçonné un réseau mafieux au service d’intérêts politiques d’être derrière la déstabilisation volontaire du marché. Il a évoqué des «pratiques» qui «ne peuvent être tolérées» et a promis que «les personnes impliquées seront jugées et les peines les plus sévères leur seront appliquées».

Responsabilité des commerçants

Pour mettre un terme à ces turbulences, Tebboune a dans la même semaine confié l’exclusivité de l’importation du blé et des légumes secs à l’OAIC, mais la décision n’a pas, pour l’instant, crée l’effet escompté.

S’exprimant à la mi-septembre sur le sujet, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a fait porter la responsabilité de l’augmentation des prix aux commerçants uniquement. Il a avancé que la production nationale des légumineuses (lentilles et pois chiches) couvrait 45% des besoins de la population sans oublier le fait que les quantités importées «sont très grandes », selon lui, et peuvent satisfaire la demande pour les trois prochains mois.

Il a, d’autre part, fait savoir que son département envisage d’ouvrir des points de vente OAIC au niveau de toutes les communes du pays pour approvisionner directement les consommateurs, les détaillants ainsi que les cantines universitaires et scolaires.

Henni a justifié toutes les perturbations du marché en matière de fruits, de légumes et de viandes rouges ou blanches par des cycles naturels, notamment l’impact de la canicule sur la santé des animaux destinés à l’abattage.  

Avec une conjoncture mondiale des plus catastrophiques, l’Algérie a mis la sécurité alimentaire en haut de ses priorités. Une grande partie de cette mission a été mise entre les mains de l’OAIC qui devient ainsi un outil stratégique pour réguler le marché. L’organisme dispose de 48 silos et de nombreux hangars susceptibles d’assurer un stockage sur une période de douze mois. Toutefois, des avis ont vu dans cette nouvelle tendance un retour au monopole de l’Etat sur la grande distribution au risque de voir des pénuries et une hausse des prix s’accentuer.  

La question a fait, hier, l’objet d’un point à l’ordre du jour du Conseil des ministres dont les décisions n’ont pas été rendues publiques à l’heure où nous mettions sous presse.

Mohamed Badaoui 

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