Ils sont des centaines de milliers de hirakiens, fidèles à la messe populaire
hebdomadaire, à battre le pavé à Alger, à l’instar des autres wilayas du pays, pour
réitérer, au 23ème vendredi consécutif, les revendications clamées depuis cinq mois
pour une « Algérie nouvelle », « Sans les figures du système ». Une Algérie basée sur
un « Etat de droit », une « Justice équitable » et l’« Egalité des chances »
Les manifestants exigent également la libération des détenus d’opinion, devenue une
nécessité dans le contexte actuel qui s’inscrit dans le sillage du dialogue national auquel
les pouvoirs publics y adhèrent activement et entament les préparatifs des voies et
moyens de sa réussite avec engagement de répondre aux requêtes de la protesta et
avec des actes d’apaisement.
Le mouvement populaire du 22 février était donc hier à son 23e vendredi de mobilisation
et comme tous les précédents vendredis, c’est depuis la capitale que le coup d’envoi des
manifestations a été donné. La manifestation d’Alger est devenue le baromètre de la
mobilisation attendue sur plusieurs plans notamment en termes de slogans et surtout de
l’attitude du pouvoir face aux manifestants.
Intervenant au lendemain de l’annonce des noms des personnalités du panel devant
mener conduire le dialogue proposé par le pouvoir, ce vendredi sera mis à profit par la
rue pour répliquer à cette offre de sortie de crise et surtout l’approbation ou le rejet des
ces mêmes personnalités.
Les détenus d’opinion et le moudjahid Lakhdar Bouregaa n’ont pas été oubliés par les
manifestants en ce 23e vendredi de mobilisation en exigeant leur libération immédiate et
sans condition. Les manifestants refusent qu’ils soient utilisés comme monnaie
d’échange ou moyen de chantage en contre partie de l’acceptation de l’offre de dialogue
du pouvoir via le panel des personnalités nationales.
Le dispositif policier déployé habituellement est resté le même hier en dépit de l’annonce
de “mesures d’apaisement” par le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah faite à l’issue à
l’audience accordée aux six personnalités du panel, Karim Younes, Fatiha Benabbou
Smail Lalmas, Bouzid Lazhari, Abdelwahab Bendjelloul et Azzedine Benaissa. Selon le
vice-président de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme Said Salhi,
aucune mesure d’allègement n’est à relever quant au dispositif policer qui est déployé
tous les vendredis aux abords de la grande poste et de la place Maurice Audin.
Le seul fait notable, les manifestants ne sont pas fouillés ou contrôlés par la police
jusqu’en milieu de la matinée. Au moment où nous mettons sous presse, aucune
interpellation n’a été signalée.
Salim A A
