Les États-Unis et l’Iran seraient sur le point de conclure un accord temporaire destiné à réduire les tensions au Moyen-Orient et à éviter toute escalade majeure dans les prochains mois. Selon plusieurs médias américains et iraniens, ce compromis, négocié avec la médiation du Pakistan et du Qatar, pourrait instaurer une trêve de 60 jours renouvelable et rouvrir pleinement le détroit d’Ormuz à la navigation commerciale internationale.
D’après le site américain Axios, le projet d’entente prévoirait le maintien du détroit d’Ormuz ouvert sans taxes de passage, tandis que l’Iran s’engagerait à retirer les mines marines installées dans cette zone stratégique afin de garantir la libre circulation des navires commerciaux.
Un responsable américain, cité anonymement par le média, a indiqué que cette période de 60 jours servirait également à prolonger le cessez-le-feu dans plusieurs zones de tension régionales. Washington accepterait en contrepartie d’assouplir certaines sanctions économiques et de réduire les restrictions imposées aux ports iraniens.
Un accord visant à éviter une escalade régionale
Selon les informations relayées, les discussions actuelles auraient pour objectif principal de repousser toute confrontation majeure dans la région, au moins jusqu’à la fin de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique entre le 11 juin et le 19 juillet.
Le projet de mémorandum comprendrait également des dispositions politiques et sécuritaires plus larges, notamment une désescalade des tensions entre Israël et le Hezbollah libanais. Les forces américaines resteraient toutefois déployées dans la région durant toute la période de transition, en attendant un éventuel accord global.
Toujours selon les responsables américains cités, Téhéran accepterait de ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire. Cependant, plusieurs médias iraniens ont démenti l’existence d’engagements précis concernant le programme nucléaire de la République islamique.
Le dossier nucléaire reporté à des négociations ultérieures
L’agence iranienne Fars News Agency a affirmé que les informations évoquant une réduction des stocks nucléaires iraniens ou la fermeture de certaines installations étaient « fausses et sans fondement ». Selon des sources proches des négociations, toutes les questions liées au programme nucléaire auraient été reportées à une phase ultérieure de discussions, prévue entre 30 et 60 jours après la signature du futur accord.
En attendant, les deux parties se seraient accordées sur plusieurs mesures immédiates destinées à instaurer un climat de confiance, notamment la libération partielle ou totale des avoirs iraniens gelés à l’étranger.
Jusqu’à 25 milliards de dollars d’avoirs iraniens débloqués
Le The New York Times a rapporté, en citant trois responsables iraniens, que l’accord pourrait permettre à Téhéran de récupérer près de 25 milliards de dollars d’actifs gelés hors du pays. Cette mesure représenterait l’un des volets économiques les plus importants des discussions en cours.
Les responsables iraniens ont également confirmé que le futur accord inclurait la réouverture du détroit d’Ormuz sous administration iranienne, une option qui constituerait un changement majeur dans l’équilibre géopolitique régional. Selon l’agence Fars, cette formule remplacerait les scénarios envisagés auparavant impliquant une supervision américaine ou partagée avec les pays du Golfe.
Une médiation active du Pakistan et du Qatar
Des sources iraniennes de haut niveau ont affirmé que le Pakistan et le Qatar jouent actuellement un rôle central dans la médiation entre Washington et Téhéran. Les discussions porteraient sur un arrêt des opérations militaires sur l’ensemble des fronts régionaux, y compris au Liban, ainsi que sur la levée progressive de ce que l’Iran qualifie de « blocus maritime américain ».
Enfin, la chaîne Al Hadath a indiqué que le futur accord pourrait être baptisé « Déclaration d’Islamabad », en référence au rôle diplomatique joué par la capitale pakistanaise dans les négociations.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information