Selon plusieurs médias occidentaux, l’accord nucléaire entre Washington et Téhéran serait entré dans sa phase finale de rédaction. Ce compromis reposerait sur un abandon par l’Iran de ses stocks d’uranium hautement enrichi en échange de la libération de ses avoirs gelés à l’étranger, dans l’attente d’une validation officielle par Donald Trump et Ali Khamenei.
Le quotidien The Washington Post a révélé qu’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran obligerait Téhéran à renoncer à son stock d’uranium fortement enrichi. Citant un responsable américain, le journal précise que le texte comprend un engagement iranien à ne pas développer d’armes nucléaires ni de matières nucléaires sensibles, en particulier les réserves d’uranium enrichi à haut niveau.
Une fois l’accord approuvé, les deux parties disposeraient d’un délai de deux mois pour définir les mécanismes précis de mise en œuvre de cette clause. Selon une source proche du dossier, Washington ne débloquerait les avoirs iraniens gelés qu’après la remise effective des stocks d’uranium concernés.
De son côté, la chaîne CNN a rapporté, citant un haut responsable américain, que la finalisation du mémorandum pourrait nécessiter encore quelques jours. Les États-Unis estimeraient que Téhéran a accepté les grandes lignes de l’accord, même si des divergences persistent sur certaines formulations juridiques, nécessitant un processus d’approbation plus long au sein des institutions iraniennes.
Auparavant, Fox News avait indiqué que l’accord-cadre entre Washington et Téhéran était achevé à 95 %, bien que les négociateurs poursuivent encore les discussions sur le détroit d’Ormuz et sur les modalités relatives au stock nucléaire iranien.
Lors d’un entretien téléphonique avec Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump aurait affirmé qu’il ne signerait aucun accord définitif avec l’Iran sans retrait complet de l’uranium enrichi. Selon des sources citées par Fox News, les deux parties seraient parvenues à un consensus sur environ 95 % d’un futur accord concernant à la fois le programme nucléaire iranien et la sécurité du détroit d’Ormuz.
Toujours selon ces sources, Téhéran aurait accepté le cadre général du compromis, tandis que les discussions se poursuivent sur les formulations finales de certains articles. Un responsable anonyme a déclaré à la chaîne : « Nous avons un accord de principe concernant le stock nucléaire et le détroit d’Ormuz, mais les discussions se poursuivent encore sur les formulations précises des textes. »
Ce même responsable estime que la signature officielle n’interviendra ni « aujourd’hui ni demain », évoquant la possibilité que Donald Trump accorde aux négociateurs un délai supplémentaire de cinq à sept jours afin d’achever les travaux techniques et diplomatiques. Il a également averti que les États-Unis pourraient reprendre des frappes aériennes contre l’Iran en cas d’échec des négociations.
Donald Trump avait déjà affirmé que les pourparlers progressaient de manière constructive, tout en demandant à ses négociateurs de ne pas précipiter la conclusion de l’accord, estimant que le facteur temps jouait en faveur de Washington. Le président américain a également indiqué qu’un consensus général existait autour du projet d’accord et qu’il avait échangé avec plusieurs dirigeants régionaux, notamment ceux de Bahreïn, Égypte, Jordanie, Qatar, Émirats arabes unis, Pakistan, Arabie saoudite et Turquie afin d’évoquer ce mémorandum dans le cadre d’un futur accord de paix avec l’Iran.
Dans une précédente interview accordée à Axios, Trump avait estimé que les chances de parvenir à un accord ou de voir reprendre les hostilités étaient équivalentes, « 50-50 ». Il avait alors annoncé son intention de réunir son équipe de négociation le 23 mai afin de prendre, le lendemain, une décision finale concernant un éventuel retour à l’option militaire, précisant qu’il n’hésiterait pas à abandonner les discussions s’il n’obtenait pas un accord qu’il juge « solide et équitable ».
En parallèle, une source proche du dossier a déclaré à l’agence iranienne Tasnim News Agency qu’aucun accord définitif n’avait encore été conclu et que plusieurs désaccords subsistaient sur certains points sensibles. La source a ajouté qu’un éventuel accord préliminaire ne modifierait en rien la perception iranienne des États-Unis ni la méfiance de Téhéran quant au respect des engagements américains.
Enfin, cette même source a insisté sur le fait que l’Iran conserverait ses « leviers de pression et de puissance » durant toute la phase suivant un éventuel accord, avertissant que Téhéran réagirait immédiatement si Washington venait à manquer à ses engagements à n’importe quelle étape de l’application du futur compromis.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information