Après la nouvelle offensive d’Israël dans la bande de Gaza, le camp occidental tente de faire monter la pression envers Israël qui n’en a cure, en tout cas pour l’instant. L’Union européenne est allée encore plus loin ce mardi soir en annonçant la révision de l’accord d’association UE-Israël. Ce 21 mai, le président palestinien Mahmoud Abbas a salué le refus international du « blocus et de la famine ».
Il y a d’abord eu lundi la lettre Canada – France – Royaume-Uni condamnant l’offensive militaire terrestre, puis l’annonce britannique ce mardi de la fin des négociations pour l’accord de libre-échange envisagé avec Israël et enfin la Suède qui demande des sanctions ad personam contre les membres du gouvernement israélien. L’Union européenne (UE) a à son tour annoncé mardi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du groupe, la révision de l’accord d’association UE-Israël signé il y a 25 ans.
L’annonce a surpris, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet, car les dissensions entre les 27 pays de l’Union européenne restaient fortes ce mardi. Mais après le débat de l’après-midi, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a décidé d’annoncer la révision de l’accord d’association et en particulier de son article 2 sur l’obligation de respect des droits de l’Homme.
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Il y a, selon ses propres termes, une forte majorité pour ouvrir ce réexamen et effectivement deux tiers des pays de l’Union européenne s’y sont déclarés favorables à la suite des Pays-Bas qui en avaient fait la proposition. Or les Bataves étaient jusqu’ici marqués par leur soutien à Israël. Parmi ceux qui ont voté contre, figurent l’Italie et l’Allemagne qui changeront peut-être d’avis si un nouveau vote devait avoir lieu car sur une autre proposition, à savoir de nouvelles sanctions contre les colons israéliens violents, la Hongrie a été seule à mettre son veto.
On sent, depuis la semaine dernière, que les lignes ont bougé au sein de l’Union européenne, souligne notre correspondant. Il suffirait donc d’une majorité des 27 pour demander cette révision mais la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, estime que même si cet accord était suspendu, « cela n’arrêterait pas les tueries ». L’idée circule à Bruxelles que l’UE serait devenue inaudible auprès du gouvernement israélien depuis les offensives diplomatiques de son prédécesseur Josep Borrell.
L’accord en lui-même ne peut être suspendu qu’à l’unanimité, mais la suspension de son volet commercial ne requiert que la majorité qualifiée des pays de l’Union européenne. Et ce volet pèse lourd dans l’économie israélienne puisque l’UE c’est 33% de ses exportations et 40% de ses importations.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information