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Gestion des grandes menaces : l’Algérie face à ses risques et périls

L’Algérie a connu plusieurs catastrophes majeures. Elle est en principe préparée à répondre rapidement et efficacement aux grands risques. La vague de feux de forêt qui touche le pays depuis des semaines, la crise de l’oxygène et de lits de soins adaptés plaident à première vue pour le contraire.

En quatre décennies successives, l’Algérie a fait face à des séismes dévastateurs, des inondations, des incendies, des accidents industriels d’ampleur. Elle subit, depuis peu, une pandémie mondiale. C’est donc un pays qu’on peut aisément classer comme une terre de risques majeurs. D’ailleurs, sa Protection civile, qui existe depuis 57 ans, possède un savoir-faire, une expérience et une organisation reconnus à l’échelle internationale.

Elle possède un impressionnant palmarès dont les titres de noblesse sont inscrits en Algérie et à l’étranger. Depuis sa création, elle a su faire face aux conséquences de tremblements de terre, d’inondations, de feux de forêts et d’actions terroristes. Elle intervient, en outre, avec une forte cadence sur les scènes des sinistres routiers puisque l’Algérie enregistre, malheureusement, un taux d’accidents parmi les plus élevés au monde.

Couvrant un territoire de 2,5 millions de kilomètres carrés, son champ d’action comprend un relief géographique extrêmement diversifié, allant du littoral, aux montagnes, jusqu’au désert. Une compétence qui s’est enrichie par plusieurs interventions à l’étranger où ses agents ont été appelés à la rescousse lors de tragédies, au regard de leur maîtrise.

Toutefois, à l’instar de ses homologues dans le monde, l’honorable institution est un organisme de défense civile. Autrement dit, il s’agit d’un corps qui agit lorsque le sinistre se déclenche. Elle n’est pas tenue de le réfléchir en amont même si elle possède la réponse théorique et pragmatique pour chaque cas.

La prévention des risques majeurs et leur anticipation sont du ressort du gouvernement. Il s’agit donc d’une politique basée sur une réglementation et une série de mesures préétablies grâce à un effort de prospective qui permet d’envisager toutes les menaces qui guettent le pays. Des spécialistes et des managers doivent mettre au point des scénarios allant du plus évident au plus invraisemblable pour pouvoir réagir suivant un protocole approprié en cas de péril.

D’ailleurs, le site du ministère de l’Intérieur contient une rubrique dédiée à «la prévention des risques majeurs et la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable». On peut, entre autres lire, dans ce dossier que ce «système global initié et conduit par l’Etat, mis en œuvre par les institutions publiques et les collectivités territoriales dans le cadre de leurs compétences respectives en concertation avec les opérateurs économiques, sociaux et scientifiques et en associant les citoyens dans les conditions définies par la loi 04-20 et ses textes d’application».

Selon le même document, «les risques majeurs pris en charge par les dispositifs de prévention sont : Les séismes et risques géologiques, les inondations, les risques climatiques, les feux de forêts, les risques industriels et énergétiques, les risques radiologiques et nucléaires, les risques portant sur la santé humaine, les risques portant sur la santé animale et végétale, les pollutions atmosphériques, telluriques, marines ou hydriques, les catastrophes dues à des regroupements humains».

Comme on le voit, sur le papier, tous les cas de figures sont recensés. Qu’en est-il cependant concernant les études, les simulations à grande échelle comme cela se fait dans les pays avancés, les normes, les sanctions en cas d’infraction et la veille permanente ?

Les récentes débâcles en matière de gestion de la crise sanitaire ou d’incendies suggèrent que, sur ce terrain, le travail est à parfaire.

Le patrimoine forestier algérien couvre une superficie 4 millions d’hectares. Ce domaine est composé de 1,42 million ha de forêts, de 2,41 millions ha de maquis et de 280.000 ha de jeunes reboisements. C’est le pin d’Alep qui est le plus répandu dans le territoire. L’espèce constitue près de 70% des essences, loin devant le chêne liège (21%). Le reste est formé pour l’essentiel de cèdres, de pins maritimes, de chênes (vert, Zeen et Afares), de thuya et d’eucalyptus.

Cette richesse vitale est cependant menacée par la négligence, les incendies, les maladies ainsi que la pollution liée aux activités et à l’habitat humains. En face, une politique timide protège de manière insuffisante la flore algérienne dont plusieurs espèces sont menacées. Une flore qui, plus est, abrite une faune sauvage indigène ou de passage, des insectes bénéfiques extrêmement précieux pour la préservation des écosystèmes. En un mot, gouverner, c’est prévenir et dans cette matière les erreurs se paient cher et sur le très long terme.

 

Mohamed Badaoui

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