Les tensions militaires continuent de s’aggraver autour du détroit d’Ormuz. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a annoncé mardi avoir détecté et abattu un drone américain de type MQ-1 dans la partie orientale du détroit. Selon Téhéran, il s’agit du deuxième appareil ciblé en l’espace d’une journée et du quatrième drone de ce modèle détruit par les forces iraniennes ces derniers jours.
Dans un communiqué, le CGRI a affirmé que l’interception avait été réalisée après l’entrée du drone dans une zone placée sous surveillance iranienne. Les forces armées seraient maintenues en état d’alerte afin de répondre à toute nouvelle incursion. À ce stade, ni le Commandement central américain (CENTCOM) ni le Pentagone n’ont confirmé la perte de l’appareil.
Utilisé par les États-Unis depuis les années 1990 pour des missions de reconnaissance et de surveillance, le MQ-1 a progressivement été modernisé et équipé de systèmes d’observation et d’armement.
La tension ne se limite toutefois pas aux opérations aériennes. Des sources citées à Téhéran font état d’incidents devenus fréquents entre les forces navales iraniennes et les bâtiments américains opérant dans la région. Des bateaux de pêche iraniens auraient également été visés par un drone américain près de Bandar Karkan, dans la province de Hormozgan.
Sur le plan maritime, Téhéran a renouvelé ses mises en garde concernant le passage sud du détroit d’Ormuz, qu’il considère comme illégal et dangereux. Les autorités iraniennes ont averti les navires commerciaux des risques liés à cet itinéraire, évoquant notamment la possibilité d’attaques ou de la présence de mines.
Dans le même temps, une autorité maritime placée sous la supervision du CGRI a annoncé l’établissement d’une liste noire comprenant 77 navires commerciaux et pétroliers. Leur passage par le détroit serait désormais interdit, tandis que les compagnies internationales ont été mises en garde contre toute coopération ou fourniture de services à ces bâtiments.
Par ailleurs, une autorité britannique de sécurité maritime a signalé un incident impliquant un navire commercial à proximité du détroit, sans que les circonstances soient clairement établies.
Ces développements accentuent les inquiétudes autour de la sécurité du détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce et les exportations énergétiques mondiales. Une aggravation des tensions pourrait avoir des répercussions importantes sur la navigation et les marchés de l’énergie.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information