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Trois ans de guerre génocidaire contre Ghaza : situation humanitaire catastrophique, escalade contre les prisonniers palestiniens

La guerre génocidaire menée par l’entité Sioniste contre la bande de Ghaza depuis le 7 octobre 2023 a généré une situation humanitaire, sanitaire et éducative catastrophique, marquée par la destruction à grande échelle des infrastructures de ces deux secteurs vitaux, ainsi que par une recrudescence des violations à l’encontre des prisonniers et détenus palestiniens.

Alors que le système médical, fortement éprouvé, peine à assurer le minimum de soins en raison d’une grave pénurie de médicaments et de fournitures médicales, des centaines de milliers d’élèves tentent de poursuivre leur scolarité dans des conditions exécrables, sous des tentes, tandis que les prisonniers palestiniens traversent l’une des périodes les plus dangereuses et les plus sanglantes depuis le début de l’agression.

Le directeur du complexe médical Al-Chifa, Mohamed Abou Selmiya, a affirmé, dans une déclaration à l’APS, que la situation sanitaire dans la bande de Ghaza demeure “catastrophique”, précisant que seuls 16 hôpitaux sur 34 fonctionnent actuellement de manière partielle.

Il a indiqué que plus de 50 % des médicaments et 70 % des fournitures médicales sont indisponibles, outre un déficit estimé à 80 % en produits de laboratoire. Plus de 80 % des appareils de scanner et de radiographie ont également été endommagés, alors qu’aucun appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) n’est disponible.

Concernant les patients atteints de cancer, il a fait état d’environ 11.000 malades, dont 4.500 nécessitent des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie indisponibles dans la bande de Ghaza. Le nombre de décès dus à l’absence de traitement varie entre deux et trois cas par jour, tandis que 40 % des patients sous dialyse ont perdu la vie.

Abou Selmiya a ajouté que plus de 70 % des couveuses pour nouveau-nés ont été détruites. Quelque 21.000 patients ont besoin de soins à l’extérieur de la bande de Ghaza, mais seuls une centaine de malades par semaine parviennent à quitter le territoire. L’agression a également fait plus de 6.000 amputés, dont environ 2.000 enfants, ainsi que plus de 2.000 personnes souffrant de paralysie totale, outre 47.000 blessés nécessitant une rééducation à vie.

De son côté, le directeur de l’éducation à l’ouest de Ghaza, Dr Jawad Al-Cheikh Khalil, a affirmé que l’agression génocidaire avait détruit près de 70 % des écoles de la bande, faisant plus de 21.000 martyrs parmi les étudiants et plus de 700 membres des personnels éducatif et enseignant, tandis que les infrastructures du ministère de l’Education ont été détruites.

Il a relevé que plus d’un demi-million d’élèves ont rejoint les établissements scolaires durant l’année 2026-2027, pour la quatrième année consécutive, dans des tentes éducatives dépourvues des conditions les plus élémentaires d’enseignement. Le nombre d’élèves dépasse parfois 70 dans une seule tente, dans un contexte marqué par les coupures d’électricité et d’internet, ainsi que par le manque d’eau potable et de moyens pédagogiques.

Il a souligné que les écoles non détruites servent à accueillir les personnes déplacées, tandis que les cours sont parfois dispensés dans leurs cours, insistant sur la nécessité de créer davantage d’écoles de campagne et de les rapprocher des lieux de déplacement des élèves et des enseignants.

S’agissant des prisonniers palestiniens, le chef de l’unité des études et de la documentation de l’Autorité palestinienne chargée des affaires des prisonniers et des ex-prisonniers, Abdel Nasser Farwana, a révélé que les détenus traversaient “les périodes historiques les plus dangereuses” et les plus sanglantes depuis le 7 octobre, sur fond de recrudescence des violations dans les prisons de l’occupation.

Il a indiqué que plus de 40.000 Palestiniens avaient été arrêtés au cours des trois dernières années, dont quelque 25.000 en Cisjordanie et à El-Qods, et plus de 15.000 dans la bande de Ghaza.

Selon les données fournies par M. Farwana, le nombre actuel de prisonniers et détenus s’élève à environ 9.500 et près de 3.200 détenus administratifs, sans compter le nombre réel de prisonniers originaires de la bande de Ghaza. Au cours des trois ans de guerre génocidaire, 93 prisonniers sont tombés en martyrs, tandis qu’environ 750 dépouilles palestiniennes sont toujours détenues par l’occupation sioniste.

M. Farawana a indiqué que les témoignages de prisonniers libérés avaient fait état d’actes de torture, de négligence médicale, d’isolement, de privation de nourriture et d’eau, de privation de sommeil et de conditions d’hygiène dégradées, outre l’interdiction des visites familiales et l’entrave aux visites du Comité international de la Croix-Rouge, qualifiant la situation dans les prisons de “choquante et effrayante”.

L’ONU met en garde contre la poursuite des frappes contre les zones habitées

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a mis en garde contre la poursuite des frappes sionistes contre les zones habitées dans la bande de Ghaza, dans un contexte de risques persistants pour la population et les infrastructures civiles dans l’enclave palestinienne, ravagée par une agression génocidaire sioniste.

Le Bureau a indiqué que l’occupation sioniste avait suspendu lundi l’entrée des marchandises dans la bande de Ghaza, après avoir annoncé une suspension similaire mercredi.

L’ONU avait déjà affirmé dans de précédents rapports que les restrictions sionistes imposées à l’entrée des approvisionnements et la fermeture des points de passage affectaient directement la capacité des opérations humanitaires à répondre aux besoins essentiels de la population.

Par ailleurs, OCHA a indiqué poursuivre son soutien aux travailleurs humanitaires ainsi qu’aux agriculteurs palestiniens dans différentes régions de la Cisjordanie occupée, à l’approche de la saison de récolte des olives, dans un contexte marqué par l’aggravation des risques menaçant les moyens de subsistance agricoles et la baisse des revenus des familles palestiniennes.

Le Bureau a précisé que les organisations humanitaires fournissaient aux agriculteurs des machines électriques de récolte, des scies, des sécateurs, des échelles et des bâches destinées à cueillir les olives, afin d’accélérer les opérations de récolte.

R.I

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