Le gouvernement français tente de répondre à la mobilisation croissante des lycéens en ouvrant une période de dialogue au sein des établissements. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la suspension des cours dans les lycées ce mercredi, jeudi et vendredi afin de permettre aux équipes éducatives d’échanger directement avec les élèves sur leurs revendications et les conditions de leur scolarité.
S’exprimant devant l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement a précisé que cette initiative avait été décidée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Les directions des établissements disposeront ainsi de trois jours pour organiser des discussions avec les élèves, dans ce que le gouvernement présente comme un « temps de démocratie interne ».
Cette décision intervient alors que la mobilisation lycéenne connaît une nouvelle journée d’action. Le mouvement, lancé le 29 septembre, s’est poursuivi le 1er octobre avec plus de 900 actions et blocages recensés à travers la France.
Les élèves réclament principalement davantage de moyens pour les établissements, des recrutements supplémentaires d’enseignants et de personnels, une réduction du nombre d’élèves par classe ainsi qu’une amélioration des infrastructures et des conditions d’étude. Ils demandent également à être davantage associés aux décisions concernant leur avenir et souhaitent une meilleure égalité d’accès à l’éducation entre les territoires.
Les perturbations restent importantes. En Île-de-France, plus de 200 lycées doivent fermer ou basculer vers l’enseignement à distance. D’autres établissements, notamment à Nantes, Tours, Toulouse et en Alsace, sont également affectés. Selon le ministère de l’Éducation, 589 établissements étaient concernés lundi, contre près de 800 lors de la mobilisation de vendredi.
Le mouvement s’étend par ailleurs aux universités, avec une trentaine de sites fermés selon un syndicat étudiant.
Tout en appelant au dialogue, Sébastien Lecornu a condamné les violences commises lors de certaines mobilisations. Il a également rejeté les accusations de « répression politique », tout en reconnaissant la possibilité d’incidents lors des opérations de maintien de l’ordre. Matignon doit enfin présenter de nouvelles mesures pour renforcer la participation des lycéens à la vie scolaire.
R.I
LA NATION Quotidien National D'information