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Culte et finances : où va l’argent de la zakat ?

Chaque année lunaire (hawl), le ministère des Affaires religieuses et des wakfs collecte des sommes considérables au titre de l’aumône obligatoire (la zakat) instituée par le Coran. L’administration doit distribuer ces fonds suivant une législation canonique strictement codifiée.

La zakat a été imposée par la charia musulmane pour garantir la distribution de la richesse entre les croyants. En Algérie, c’est le ministère qui gère ces Fonds, créé en 2003, dont il distribue une partie aux pauvres mais sans obliger quiconque à y déposer son argent car il ne s’agit pas d’un impôt officiel mais d’un acte laissé à l’âme et à la conscience des citoyens.

Toutefois, le département de Youcef Belmahdi capte, chaque année, des montants considérables qu’il utilise selon une législation religieuse et temporelle aux critères rigoureux, en relation avec les besoins sociaux. Ainsi, en 2018, le montant global collecté par le ministère a atteint 1 456 933 796, 20 DA, soit plus de 10 millions de dollars américains, suivant la cotation de l’époque qui était supérieure à celle d’aujourd’hui.   

L’argent a été distribué selon une nomenclature basée sur la charia, mais aussi en fonction des nécessités de l’époque. La majeure partie des fonds (probablement la moitié) a été distribuée en numéraire directement aux pauvres et aux nécessiteux éligibles au programme. L’autre partie, environ 38%, a servi pour octroyer des prêts (Qard Hassan) sur 4 ou 5 ans aux jeunes diplômés capables de travailler et pour financer des microprojets de certains commerçants, paysans et artisans. Ceux-ci devaient rembourser leur dette sans intérêt par des versements mensuels ou trimestriels, sept mois après l’obtention du crédit. Les petits entrepreneurs qui ont choisis de créer des unités de soins médicaux, paramédicaux et artisanaux ont eu la priorité. Le reste de l’argent a été utilisé dans les œuvres proprement cultuelles.

Pour bénéficier de la zakat, il faut être indigent, ou travailler pour sa collecte. Les surendettés peuvent également la solliciter ainsi que le voyageur démuni qui n’a plus les moyens de rejoindre son pays, à condition que son périple ait un but licite. Les personnes qui sont sur le point de se convertir à l’islam sont, elles aussi, attributaires de la zakat qui, jadis, pouvait servir également de contrepartie à la libération d’un esclave ou d’un prisonnier musulman.

La zakat est imposée à tout musulman qui dispose de moyens financiers suffisants. En Algérie, c’est le ministère des Affaires religieuses qui décrète chaque année le seuil à partir duquel le croyant est astreint à cette dépense annuelle. En 2022, le nissab a été fixé à 816.000 DA. Il a été calculé sur la base de 20 dinars or dont le poids a été estimé à 85 grammes. Le gramme d’or de 18 carats est fixé, actuellement, à 9 600 dinars par l’Agence nationale pour la distribution et la transformation de l’or et autres métaux précieux.

Les citoyens dont le capital en argent et offres commerciales correspond ou dépasse le nissab sont redevables du quart du dixième, soit 2,5% du volume de leurs possessions. Ils ne sont pas tenus de verser la somme au Fonds de la zakat créé en 2003 et géré par le ministère des Affaires religieuses et des wakfs. Aucune règlementation n’impose au contribuable de s’en acquitter.

La fête de l’Achoura est, traditionnellement, un moment de l’année associé à la zakat. Dans la religion musulmane, cependant, il n’existe pas de date précise pour remplir ce devoir sacré qui constitue le troisième pilier de la foi. Une seule exception: la zakat spécifique de l’Aïd El fitr qui doit être sortie par les fidèles à la fin du mois sacré du ramadan pour valider, en quelque sorte, leur jeûne.

Sur le site du ministère, la rubrique consacrée au Fonds de la zakat publie des informations liminaires, mais il est tout de même précisé que les citoyens et les institutions ont le droit de regard sur la collecte et la distribution des dons.

Mohamed Badaoui 

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