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Consommation : la facture des ménages sera salée en 2022

L’ONS révèle que le niveau des prix à l’exportation comme à l’exportation a connu une hausse considérable durant les six premiers mois de cette année. Un renchérissement qui ne sera rien comparé aux augmentations qui auront lieu en 2022 avec la levée des subventions.

Les prix en dinar à l’exportation des marchandises, hydrocarbures compris, ont connu une hausse “remarquable” de 49,5% durant la période janvier-juin 2021, selon l’Office national des statistiques. L’aiguille de la facture de l’importation est montée, quant à elle, de de 18,5% et a touché tous les groupes de produits par rapport à la même période de l’année précédente.

L’augmentation la plus remarquable a concerné les combustibles minéraux, les lubrifiants et les produits connexes avec +73%, les huiles graisses et cires d’origine animale ou végétale avec +60%, les boissons, le tabac, les produits chimiques et les produits connexes avec environ 24%.

Le constat est également valable pour les produits alimentaires et pour les animaux vivants (+19%), les matières brutes non comestibles, sauf les carburants (+17%), les articles manufacturés (+16%) et enfin les machines et matériels de transport (+8%).

En gros, les achats extérieurs ont coûté la bagatelle de 2.463,7 milliards de dinars au 1er semestre 2021 contre 2.130,5 milliards de dinars à la même période en 2020, soit une hausse de 15,6%.

Pour leur part, et durant le même intervalle, les exportations algériennes se sont élevées à 2.293,2 milliards de dinars contre 1.368,7 milliards de dinars une année plus tôt, soit une hausse de 67,5%.

Tirés par les hydrocarbures, ces résultats ont permis à l’Algérie d’éponger une grande partie de son déficit extérieur de marchandises ont été soldées par une “importante” réduction du déficit commercial qui passe ainsi de -761,8 milliards de dinars au début de 2020 à -170,5 milliards de dinars. Parallèlement, le taux de couverture des importations par les exportations, est passé de 64% à 93%.

L’année 2022 verra, c’est certain, une flambée record des prix à la consommation qui n’a rien à voir avec ces données. La levée des subventions directes aux produits de premières nécessités et du carburant va se traduire par un gonflement sans précédent des dépenses des ménages.

Le mécanisme sera, certes, remplacé par des aides directes aux revenus modestes mais l’augmentation des coûts de la vie provoquera un choc dans l’opinion. En dépit d’une compensation pécuniaire proportionnelle versée aux revenus inférieurs à 120.000 dinars mensuels, on ne sait si les consommateurs pourront équilibrer leur budget.

Pas moins de 12 produits de large consommation seront concernés par la libéralisation des prix. Il s’agit du pain, de la semoule, de la farine, du lait en sachet, de l’huile de soja, de l’eau potable, de l’essence, du diesel, du GPL, du gaz butane, de l’électricité et du gaz de ville.

Le soutien généralisé coûte l’équivalent de 19 milliards de dollars par an et ne fait pas de distinction entre les nantis et les pauvres. Tout le monde peut acheter sa baguette de pain à 10 dinars, son sachet de lait à 25, et payer le litre d’essence à moins de 50.

La disparition de ce système qui a, jusqu’à présent, garanti une relative paix sociale risque de susciter une colère dans certains milieux.

C’est pourquoi le gouvernement a martelé que l’Etat n’abandonnera pas sa nature sociale et promet de transférer au plus pauvres d’entre l’équivalent de 17 milliards de dollars par an. Le premier ministre Aïmene Abderrahmane a même affirmé que, actuellement, «seulement 76 milliards de dinars sont destinés aux familles nécessiteuses contre 100 milliards de dinars des subventions qui vont aux familles aisées». En mettant fin au régime des subventions, il veut priver des aides de l’Etat des personnes qui, selon lui, ne le méritent pas et des personnes qui continuent à profiter de l’économie nationale pour les diriger vers le secteur de la santé et de l’éducation.

Mourad Fergad

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