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Besoins en eau : l’insoutenable question hydraulique en Algérie

En Algérie, la consommation annuelle d’eau est 500 m3 par an et par habitants, soit la moitié du seuil de rareté fixé par la Banque mondiale. Les autorités ont opté pour le dessalement de l’eau de mer pour venir à bout de cette pénurie chronique.

Les dernières inondations ont une nouvelle fois montré le problème de l’Algérie avec l’eau. D’un côté, le territoire subit un fort stress hydrique qui prive les humains, les bêtes et les plante d’une alimentation suffisante et de l’autre un manque de capacités pour profiter des épisodes pluvieux. Résultat : lors de grandes précipitations comme celles des derniers jours, l’eau détruit la vie au lieu de la stimuler.

Avec une consommation annuelle de 500 m3 en moyenne par habitant, l’Algérie est classée dans la catégorie des pays pauvres en ressources en eau, en référence au seuil de rareté de la Banque mondiale estimé à 1.000 m3 par habitant et par an.

Ses ressources renouvelables sont de l’ordre de 11,4 milliards m3 en eaux superficielles et de 3 milliards m3 en eaux souterraines. Quant à la fragile nappe saharienne qui fait tant rêver avec son potentiel de 5 milliards de m3, les experts recommandent la prudence avant son éventuelle exploitation au regard des dégâts écologiques irréversibles qu’une telle opération peut engendrer.  

Les cours d’eau et les lacs sont, pour leur part, peu nombreux, souvent secs, pollués par les rejets industriels et humains. De plus, plusieurs d’entre eux ont été transformés en assiettes foncières constructibles.

Pendant ce temps, la problématique hydraulique est en train de s’aggraver sous l’effet du changement climatique, dans un pays où le désert, qui avance inexorablement, occupe 90% de la superficie.

L’eau devient donc un enjeu crucial pour l’avenir de l’Algérie qui tente de remédier, rapidement, par divers procédés à une crise naturelle due à son emplacement géographique. Toutefois, en dépit d’un investissement de 20 milliards de dollars ces deux dernières décennies pour la construction de 85 barrages dont le nombre devrait atteindre les 130 vers 2030, la question est loin d’être résolue. D’autant plus que le taux de remplissage de la plupart de ces équipements a considérablement baissé à cause de plusieurs années de sécheresse, surtout dans l’ouest du pays. La situation est liée au recul de 30% du volume des précipitations au cours des 20 dernières années.

Certains spécialistes penchent pour de petits réservoirs en terre de 100.000 à 150.000 m3 d’une durée de vie de 5 à 6 ans, près des exploitations agricoles. Une adaptation des bassines qui, en France, suscitent un bras de fer violent entre les écologistes et les autorités. Les défenseurs de la nature luttent contre l’installation de ces retenues au regard des dommages irréversibles, selon eux, qu’elles occasionnent aux nappes aquifères naturelles.

Reste la côte qui s’étend le long de 1200 kilomètres sur la Méditerranée d’où les autorités veulent puiser l’eau douce grâce à des machines et à la disponibilité d’une énergie bon marché.

Ainsi, l’année prochaine, près de 40% de la population algérienne sera alimentée par les eaux dessalées grâce à 21 stations déjà en service et d’autres qui sont en cours de réalisation, selon des données officielles. Cette proportion passera à 60% en 2030 lorsque les sept usines actuellement en construction entreront en fonction.

Réparties sur 14 wilayas côtières, les installations existantes couvrent 17% des besoins du pays en produisant 2,6 millions de m3 d’eau par jour ; un volume qui atteindra les 6 millions de mà la fin de la décennie.

Mohamed Badaoui

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