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Washington Post : les limites du soutien américain à l’Arabie saoudite face aux Houthis

Les attaques menées par les Houthis contre les infrastructures énergétiques saoudiennes mettent en lumière les limites du soutien que Riyad peut attendre de son allié américain, selon une analyse publiée par le Washington Post. Le quotidien estime que l’Arabie saoudite fait face à des pressions inédites alors que l’Iran cherche à renforcer son influence dans la région.

Des groupes soutenus par Téhéran en Irak et au Yémen ont récemment visé des infrastructures pétrolières, des installations militaires et des axes stratégiques. Les Houthis ont notamment consolidé leur présence sur la rive orientale du détroit de Bab el-Mandeb, un passage maritime majeur pour le commerce international et les hydrocarbures.

Dans ce contexte, le président américain Donald Trump n’a pas annoncé de nouvelle intervention militaire contre les Houthis. Interrogé récemment sur un échange téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, il s’est voulu rassurant, affirmant que la situation devrait se régler et indiquant que les Houthis ne souhaitaient pas entraîner directement les Etats-Unis dans le conflit.

Selon deux responsables yéménites cités par le Washington Post sous couvert d’anonymat, les demandes d’assistance adressées à Washington n’auraient toutefois pas reçu de réponse favorable. L’ancien ambassadeur américain en Arabie saoudite, Michael Ratney, estime pour sa part que Riyad avait renforcé sa coopération militaire avec Washington précisément en prévision d’une situation de ce type.

Un haut responsable de l’administration Trump a déclaré que les Etats-Unis se concentraient sur la protection de leurs intérêts fondamentaux, notamment la liberté de navigation en mer Rouge, tout en encourageant leurs partenaires régionaux à prendre davantage en charge les défis sécuritaires.

Cette position intervient alors que les tensions régionales ont des répercussions importantes sur les marchés de l’énergie. Le principal oléoduc saoudien reliant les champs pétroliers de l’Est au littoral occidental reste largement perturbé après une attaque attribuée par Riyad à des milices soutenues par l’Iran en Irak. Parallèlement, les risques pesant sur la navigation dans le détroit d’Ormuz ont fortement renchéri le transport maritime du pétrole.

Aux Etats-Unis, la hausse des cours se traduit également par une augmentation des prix des carburants. Le prix moyen du gallon d’essence ordinaire a notamment atteint 4,93 dollars dans le Michigan, tandis que le diesel s’établissait à 6,49 dollars au niveau national, selon l’AAA.

Le débat se poursuit parallèlement à Washington sur les relations stratégiques avec Riyad, notamment autour d’un projet d’accord nucléaire civil et d’une éventuelle vente d’avions de combat F-35. Des élus américains demandent davantage de transparence sur ces projets et s’interrogent sur leurs conséquences pour l’équilibre militaire régional.

Des analystes cités par le quotidien estiment enfin que l’absence d’intervention américaine comporte elle aussi des risques. Selon eux, la position géographique du Yémen et le contrôle de Bab el-Mandeb par les Houthis confèrent à ce dossier une dimension qui dépasse le seul affrontement entre Riyad et le mouvement yéménite. Pour Ahmed Naji, analyste du Yémen à l’International Crisis Group, l’Arabie saoudite pourrait ainsi chercher à mobiliser davantage de partenaires, notamment américains et européens, face à ce qu’il considère comme un problème de sécurité régionale plus large.

R.I

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