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Relations franco-algériennes : Ségolène Royal dénonce la « haine de l’Algérie »

La candidate à l’élection présidentielle française Ségolène Royal a vivement critiqué la poursuite de l’escalade politique entre une partie de la classe politique française et l’Algérie, dénonçant la résurgence de « réflexes coloniaux » et d’une forme de « haine de l’Algérie ». Selon elle, ce discours détourne l’attention des Français des véritables problèmes auxquels le pays est confronté.

Dans un entretien accordé à la chaîne Algérie Internationale, l’ancienne ministre a affirmé qu’elle refuserait que l’hostilité envers l’Algérie soit utilisée comme argument électoral durant la campagne présidentielle. Elle a également estimé qu’un rapprochement entre Paris et Alger répondrait aux intérêts des deux pays, notamment sur les plans économique et énergétique.

À la tête de l’association « France-Algérie », Ségolène Royal défend depuis plusieurs mois la relance des relations bilatérales et la reconstruction de partenariats entre les deux rives de la Méditerranée.

L’Algérie, un « bouc émissaire »

La responsable française a dénoncé l’utilisation du dossier algérien dans le débat politique intérieur, notamment la remise en cause des accords de 1968 par certains responsables de droite. Elle estime que cette question ne constitue pas une priorité pour les citoyens français, confrontés à des préoccupations sociales et économiques beaucoup plus immédiates.

Ségolène Royal accuse ainsi une partie de la classe politique de chercher un « bouc émissaire » pour expliquer les difficultés du pays, plutôt que d’assumer le bilan des politiques menées par les gouvernements successifs.

Elle s’est également inquiétée des conséquences économiques de la dégradation des relations avec Alger. Selon elle, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et les États-Unis cherchent à renforcer leurs partenariats avec l’Algérie, tandis que les entreprises françaises risquent de perdre des parts de marché.

Le dossier énergétique figure également parmi ses préoccupations. Elle souligne que l’Algérie dispose d’importantes ressources énergétiques alors que la France fait face à des coûts élevés du gaz et de l’énergie. Elle estime que Paris devrait davantage tirer parti de ce potentiel de coopération.

Respecter la souveraineté algérienne

Ségolène Royal plaide par ailleurs pour une évolution de la perception française de l’Algérie, qu’elle considère comme un pays ayant profondément changé, doté d’une population jeune et de compétences importantes.

Elle appelle Paris à respecter pleinement la souveraineté diplomatique algérienne et à abandonner les réflexes hérités de la période coloniale. Pour elle, la relance du partenariat est devenue urgente, compte tenu de la position stratégique de l’Algérie en Afrique et de son importance dans les domaines sécuritaire et énergétique.

La candidate affirme qu’en cas d’élection à l’Élysée, elle ferait du rétablissement de cette coopération l’une de ses priorités.

Elle entend également œuvrer à la restitution de biens culturels considérés comme spoliés, notamment certains objets liés à l’émir Abdelkader, ainsi qu’au retour d’archives, y compris celles relatives aux essais nucléaires français effectués en Algérie.

R.N

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