Accueil / La Une / Relations algéro-françaises : l’ambassadeur de France emboite le pas au président Macron

Relations algéro-françaises : l’ambassadeur de France emboite le pas au président Macron

Le retour à Alger de l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet, marque une nouvelle étape dans la tentative de réchauffement des relations entre France et Algérie, après plusieurs mois de crise diplomatique sans précédent entre les deux pays.

En marge du discours prononcé par le président angolais au parlement, le diplomate français a exprimé son émotion après son retour dans la capitale algérienne, évoquant « plus d’un an passé en France dans un contexte de tensions fortes » entre Paris et Alger. « Il y a maintenant une volonté de dépasser cette période difficile et de retrouver un chemin de dialogue et d’apaisement entre la France et l’Algérie », a-t-il déclaré devant la presse.

Cette déclaration intervient alors que les deux capitales cherchent à tourner la page d’une crise qui a profondément détérioré leurs relations politiques et diplomatiques. Les tensions se sont aggravées au printemps 2025 après l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien, une décision qui avait provoqué une vive réaction des autorités algériennes. En réponse, Alger avait expulsé plusieurs agents consulaires français, poussant le gouvernement français à rappeler son ambassadeur, Stéphane Romatet, en avril 2025.

Au-delà de cet épisode récent, les relations franco-algériennes traversent depuis plusieurs années une succession de crispations liées aux questions mémorielles, migratoires et sécuritaires. Les déclarations politiques de part et d’autre de la Méditerranée, les différends autour des visas ainsi que les débats récurrents sur le passé colonial ont régulièrement alimenté les tensions entre les deux États.

Malgré ce climat difficile, les autorités françaises et algériennes affichent désormais leur volonté commune de renouer le dialogue. « Nous avons beaucoup de choses à faire », a affirmé Stéphane Romatet, soulignant l’existence d’une volonté partagée de « restaurer cette relation de confiance » et d’identifier des dossiers sur lesquels les deux pays pourraient progresser dans les prochains mois.

Le diplomate a indiqué que sa mission consiste précisément à reconstruire les mécanismes de coopération interrompus durant la crise. « On travaille à rétablir tous ces canaux de relation qui, pendant quelques mois, trop longtemps, ont été interrompus », a-t-il expliqué, avant de réaffirmer « le désir de reprendre un chemin de dialogue entre Paris et Alger ».

En poste à Alger depuis juillet 2023, Stéphane Romatet apparaît désormais comme l’un des principaux artisans de cette phase de rapprochement diplomatique entre les deux pays, dans un contexte où Paris et Alger cherchent à éviter une nouvelle dégradation durable de leurs relations.

Les déclarations de l’ambassadeur font écho à celles du président Emmanuel Macron qui multiplie depuis quelque temps des sorties sur ce que devraient êtres les relations entre les deux pays. Des déclarations qui tentent de corriger des maladresses passées. Après avoir qualifié de fous ceux qui cherchent une rupture avec l’Algérie, il revient à la charge avec une douceur tout à fait inédite de sa part. Dans une interview à la plateforme Brut, le chef d’Etat français a qualifié l’Algérie de pays frère : « « Je pense qu’il y a eu des choses qui se sont emballées, et puis après on est deux pays fiers, quand il y en a un qui durcit, l’autre durcit et répond.» Pour lui « La question française en Algérie, c’est un sujet de politique intérieure, la question algérienne en France, c’est un sujet de politique intérieure. Ce n’est pas des relations étrangères, donc ça complexifie tout.»

Revenant sur l’origine de la crise, Macron appelle à la dépasser. La relation franco-algérienne est «une relation d’avenir qui doit être regardée pour elle-même, sans regarder ce qui est fait avec les voisins». Traduction : C’est un appel à peine voilé aux autorités algériennes de ne plus tenir compte de sa position concernant le conflit du Sahara occidental. Chose que l’Algérie ne pourra avaler.

Ab.N

A propos LA NATION

Voir Aussi

Retraités : le certificat de vie remplacé par la reconnaissance faciale

Le Directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), Abdelhafid Adrar, a indiqué, mardi …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *