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Par Anouar El Andaloussi : la prédation financière

Dans une précédente chronique, nous avions parlé de l’évolution du capitalisme sur les deux derniers siècles. Au cours du dernier demi-siècle, l’évolution a pris une dimension beaucoup plus financière qu’économique. Le pouvoir de décision est sorti des mains des industriels et autres acteurs économiques pour aller dans les mains des financiers et des banquiers. L’articulation entre banques centrales et banques commerciales est devenue quasi-organique alors que dans la conception originelle, celle-ci devait rester une relation de supervision et de contrôle, et surtout de quasi-subordination des banques commerciales à la Banque centrale. Ce renversement de situation en faveur du système financier est dû, fondamentalement,  à la prise de contrôle par les financiers et surtout par la part de la dette dans les bilans des entreprises.

L’autre cause des dérèglements financiers est celle en rapport avec la monnaie et les marchés financiers. Au lieu d’appliquer la prudence qui serait de règle, les banques centrales ont accéléré leur mission de création de la monnaie au cours des dernières années par la transformation des dettes en monnaie fiduciaire. Autrefois, elles ne se souciaient que de la stabilité des prix qui est leur mission principale. Puis elles ont jeté leur dévolu sur la croissance et le chômage. Après la crise financière mondiale, elles ont commencé à s’occuper aussi de la stabilité financière. Elles ont maintenant adopté le « ciblage de l’inflation moyenne », en utilisant les outils à leur disposition pour tenter d’atteindre un taux moyen de 2 % à terme.

L’endettement est souvent qualifié d’argent facile ; et donc on a tendance à en abuser. Au final, ce sont les banques et autres établissements financiers d’intermédiation qui tirent  le plus de profit de l’économie d’endettement.

L’endettement des Etats (dette interne et externe) est en tête des risques économiques qui pèsent sur plusieurs pays. Les pays qui s’endettent massivement (surtout lorsqu’il s’agit de la création monétaire pour financer des déficits budgétaires) ne se sont jamais relevés, malgré leur potentiel économique de croissance (Argentine, Grèce, Turquie, Egypte…). Une dette qui ne produit pas, à court terme, une croissance forte et soutenue, sur longue période, conduit fatalement à une inflation, l’autre Menace qui pèse sur l’économie, d’autant plus que dans le cadre de du libre échange et de la globalisation du commerce, l’inflation se transmet d’une économie à une autre avec une grande rapidité. Dette et inflation ouvrent grand le couloir à la récession. 

Sur un autre registre, l’évolution des grands groupements économiques laisse penser que le capitalisme financier occidental (incarné par le G7) est en train de céder le pas devant le nouveau groupement appelé BRICS+. La contribution de ces derniers au PIB mondial  (2024-2029) est estimée à 44.3%, (dont China 21.2% et India 14.2%) ; en face le G7 contribue à 20.1% (dont USA 11.9%). Pour le moment les pays émergents (BRICS+) ne sont pas affectés significativement par la financiarisation à outrance de leurs économies, mais la contagion est facile, à moins de réfléchir à un système financier moins prédateur.

A.E.A

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