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Essais nucléaires français en Algérie : les cartes des zones contaminées au cœur du débat

Le dossier des essais nucléaires français dans le Sahara algérien revient aujourd’hui à l’Assemblée nationale française, à travers une question portant sur la transmission à l’Algérie des cartes et données relatives aux anciens sites d’expérimentation.

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a interpellé la ministre déléguée auprès du ministre des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, sur les informations concernant les déchets enfouis et les zones affectées par la radioactivité.

L’élue cite notamment la montagne de Taourirt Tan Afella, près d’In Ekker, où la France a procédé à l’essai souterrain Béryl, le 1er mai 1962. L’explosion, qui devait être confinée sous terre, a provoqué une rupture du dispositif de confinement et la dispersion de matières radioactives. Des militaires français, des responsables présents sur place ainsi que des populations voisines ont été exposés.

Pour Sabrina Sebaihi, la localisation précise des déchets et des zones contaminées est indispensable à la sécurisation et à la réhabilitation des anciens sites. Elle demande donc au gouvernement français de préciser pourquoi l’ensemble des informations disponibles n’aurait pas été transmis aux autorités algériennes.

Un héritage nucléaire lourd

Entre 1960 et 1967, la France a réalisé 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien : quatre atmosphériques à Reggane et treize souterrains à In Ekker. Le premier, « Gerboise bleue », effectué le 13 février 1960, a permis à la France de devenir la quatrième puissance nucléaire mondiale. Ces expérimentations ont contribué au développement de sa force de dissuasion, mais ont également laissé des installations et des déchets, dont certains radioactifs.

Dans sa réponse, Alice Rufo rappelle que les sites ont été démantelés puis rétrocédés à l’Algérie conformément aux accords d’Évian. Elle évoque également la mission menée en 1999 par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à la demande d’Alger, ainsi que les données radiologiques transmises par la France.

Un groupe d’experts franco-algérien a par ailleurs été créé en 2008 pour travailler sur la réhabilitation des anciens sites. La ministre affirme qu’en 2022, Emmanuel Macron a remis à Abdelmadjid Tebboune un dossier rassemblant les cartes et informations françaises disponibles sur les déchets enfouis et les zones radiologiquement marquées.

Malgré ces démarches, la question reste sensible. Elle touche à la fois à la dépollution, à la protection des populations et à la reconnaissance des conséquences environnementales et humaines d’essais menés dans l’Algérie coloniale.

Sid Ali

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