L’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a comparu ce lundi devant le Pôle judiciaire économique et financier de Sidi M’hamed, accompagné de 25 personnes, entre accusés et témoins officiels, dans le cadre de l’affaire dite « corruption d’Emital ».
Ce dossier implique plusieurs personnalités, dont le fils de l’ancien ministre, l’homme d’affaires bien connu de la wilaya d’Oran « Nono Manita », le directeur général de l’entreprise Fondal, S. Noureddine, et le PDG du complexe Cedar El Hadjar, B. Karim. La liste des personnes poursuivies comprend également l’ancien président de la Fédération algérienne de football, Cherif Eddine Amara, l’ancien directeur de l’hôtel Aurassi, ainsi qu’un concessionnaire automobile représentant une importante marque chinoise sur le marché algérien, A. Sh., qui a bénéficié en 2023 d’un lot de véhicules, entre autres accusés.
Avant de devenir ministre, Ali Aoun avait dirigé le groupe pharmaceutique Sidal. Il est actuellement placé sous contrôle judiciaire suite à une enquête complémentaire ordonnée par le juge de la troisième chambre du Pôle judiciaire économique et financier de Sidi M’hamed. L’affaire concerne des contrats suspects impliquant le groupe Emital, incluant la manipulation de contrats d’achat et de vente de ferrailles et de résidus de cuivre.
Les accusés sont poursuivis pour des infractions graves, conformément à la loi n°01/06 sur la lutte contre la corruption : attribution illégale de marchés publics, perception d’avantages indus, dilapidation de deniers publics et abus de fonction et de pouvoir. En juillet 2024, le juge d’instruction et le procureur général du tribunal de Sidi M’hamed ont ordonné une enquête complémentaire après avoir entendu tous les accusés et identifié de nouvelles preuves impliquant d’autres responsables.
Le 19 novembre 2024, la chambre d’accusation du Conseil de justice d’Alger a confirmé la détention du fils de l’ancien ministre, de Nono Manita, du DG de Fondal et du PDG du complexe Cedar El Hadjar, rejetant leur demande de libération. D’autres personnalités, comme l’ancien président de la Fédération de football et l’ancien directeur de l’hôtel Aurassi, ont été placées sous contrôle judiciaire, tandis qu’A. Sh. a vu son passeport retiré et se voit interdit de quitter le territoire national.
Les investigations ont révélé des contrats suspects conclus par les filiales d’Emital avec Nono Manita, proche du fils du ministre. Des voyages à l’étranger, notamment en Mauritanie, impliquant B. Karim, S. Noureddine et K. Miloud, président de l’Entreprise nationale de récupération, auraient permis la conclusion de ces contrats lors d’événements de l’Union arabe du minerai et de l’acier.
Moh. Kh
LA NATION Quotidien National D'information