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Tourisme balnéaire en Algérie : des prix inabordables pour peu de commodités

En dépit de la multiplication des investissements touristiques, ces dernières années en Algérie, les estivants aux revenus faibles ou moyens ne peuvent s’offrir un séjour, même court, dans les établissements hôteliers du littoral. Les prix demeurent très élevés alors que les formules bon marché, le camping par exemple, ont été interdits durant la pandémie et continuent de l’être pour prévenir les incendies.

Il faut faire des calculs d’apothicaire avant de pouvoir louer un  »gîte » près de la mer ou, si possible, pas très éloigné de la côte. Dans une déclaration accordée le mois dernier à la presse au port de plaisance de Stora, dans la wilaya de Skikda, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Yacine Hammadi, avait indiqué que durant l’année en cours «la formule de résidence chez les habitants sera adoptée, en permettant aux citoyens des wilayas côtières de louer leurs appartements». Ceci générera, selon lui, un appoint financier supplémentaire pour les familles et participera à la dynamique économique de la ville. Sauf que cette formule reste, elle aussi, très peu accessible.

En effet, peu de ménages peuvent se permettre de s’offrir un séjour dont le prix de la nuitée atteint dans certaines localités littorales, à l’image de Jijel, Béjaia, Skikda ou Ain Témouchent, les 10.000 DA, voire plus. C’est l’opportunité pour les autochtones, en particulier les saisonniers et au travailleurs précaires, de ramasser un pécule leur permettant de parer aux lendemains incertains.

Lors de la saison estivale, ils sont nombreux les propriétaires de maisons qui guettent l’été pour louer au prix fort leur appartement, un semblant de studio aménagé dans leur résidence ou un niveau de villa. D’autres proposent des bicoques de fortune qu’ils installent parfois sur une assiette foncière qui ne leur appartient pas. «Pour ceux qui sont dans la dèche, c’est l’unique moyen d’engranger quelques sous qui leur permettent de faire face aux aléas de la vie le reste de l’année», confie un septuagénaire du bourg côtier de Taza, situé à un jet de pierre de la plage des «Aftis» dans la wilaya de Jijel. 

«Dans la résidence d’El Bahia à Sidi Ferruch, où les vacanciers bénéficient des commodités, la location d’un appartement pendant un mois était proposée, il y a plus d’une dizaine d’années à pas moins de 300.000 DA», fait savoir un client régulier.

A l’est, Bejaia, Tichy ou Jijel, la location est tout autant chère. «Pour des vacances de 15 jours dans un appartement de 2 pièces à Jijel, la location est extrêmement cher, sans oublier les frais de restauration», affirme un père de famille qui affectionne le relief sauvage de cette côte littorale de l’est. Et son binôme de renchérir : «Il y a bien sûr des proprios de maisons pas très loin de la mer qui vous proposent une location moins onéreuse, du moins pour les bourses moyennes, mais ce sera un cagibi».   

Outre les wilayas côtières qui souffrent encore d’un énorme déficit en structures hôtelières, le recours au camping qui, répondait peu ou prou à la demande des vacanciers, avant la pandémie, ne semble pas avoir la cote. La raison principale est le sentiment d’insécurité… Même les jeunes qui, autrefois privilégiaient cette formule, en se retrouvant dans une ambiance bon enfant sous un bois pour quelques jours d’été, font montre de désaffection.

O. Agadir

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