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Sit-in des Doctorants et étudiants en master :  le chômage forcé… ou la mort lente des élites

 Les services de sécurité ont empêché, lundi, les titulaires et étudiants de doctorats et masters d’organiser une manifestation devant l’Assemblée populaire nationale (APN) pour réclamer le droit à l’emploi dans les universités. Au niveau de la place Port-Saïd au centre d’Alger, où les manifestants se sont donné rendez-vous, les forces de police ont procédé à des interpellations, dont des titulaires de doctorat et de maîtrise. Ces derniers ont été emmenés à bord de voitures de police à l’extérieur de la capitale. Certains d’entre eux ont pu rentrer et rejoindre le sit-in.
Les participants à la manifestation ont sollicité le président de la République.
La Coordination nationale des doctorants et masters et étudiants a confirmé, dans un communiqué, dont nous possédons une copie, que ce sit-in de protestation « pacifique » est organisé par la catégorie de titulaires des diplômes les plus élevés après de longues années d’attente et de souffrance suite aux ravages du chômage et de la marginalisation, bien que la loi stipule que l’ouverture des postes de doctorat est soumise au critère des besoins quantitatifs. Le même communiqué révèle l’un des étranges paradoxes et la triste réalité des universités qui recourent à l’utilisation des diplômés pour les exploiter en tant que professeurs temporaires pour assurer l’activité pédagogique et combler l’énorme déficit d’encadrement des chercheurs à tel point que le pourcentage des professeurs vacataires  atteigne 80% de l’encadrement pédagogique. Les agents de sécurité se sont retrouvés confrontés à une situation très critique. D’une part, l’obligation d’exécuter des instructions strictes consistant à empêcher «l’élite» d’organiser une manifestation pacifique devant le Parlement, et d’autre part empêcher les citoyens de revendiquer leur droit à une vie décente et contribuer à la construction d’une nation. Cette situation met ces élites devant des options douloureuses : l’aventure dans les bateaux de la mort, à l’instar des harragas ou s’abandonner au fantôme fatal du chômage. Le Dr Selim demande amèrement: « Est-il possible pour moi de demander de l’argent de poche à mon père après avoir soutenu une thèse de doctorat qui traite des solutions aux problèmes difficiles auxquels la société est confrontée ». Nous, a-t-il poursuivi, ne demandons pas plus que nos droits après des années d’études et de recherches. Il y a une situation étrange et absurde, d’une part, l’université qui a besoin d’être encadrée et, d’autre part, nous sommes privés de notre droit à l’emploi. De son côté, un titulaire d’un doctorat en droit privé a affirmé que le nombre de postes ouverts par le ministère chaque année ne dépasse pas deux ou trois, alors que plus de 300 candidats y concourent. Cette situation a ouvert la porte au favoritisme et je pourrais vous donner le nom du gagnant du poste avant même que le concours n’ait lieu. Vraiment… Le communiqué indiquait que la Coordination nationale des doctorants et des étudiants en masters, qui est une association en cours de création, avait essayé avant ce deuxième sit-in, à faire part de ses préoccupations pour l’emploi aux autorités supérieures du pays après avoir constaté que la tutelle a complètement ignoré leurs revendications lors du premier sit-in devant le Parlement, organisé  le 31 août dernier et après les sit-in devant les rectorats des universités, en plus des lettres adressées au médiateur de la République. Après toutes nos démarches, le problème reste entier… Le responsable de la sécurité, qui a pris soin de ne pas violenter les manifestants, a confirmé que tous les manifestants arrêtés avaient été libérés. Ces derniers ont décidé de poursuivre la lutte, car c’est une question de vie.

 Fayçal B.

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