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La nouvelle annoncée jeudi par le président de la république: les cranes des 24 résistants algériens rentrent au pays

L’avion militaire C-130 transportant les restes mortuaires des 24 résistants algériens à la colonisation française, escorté par des avions de chasse, en provenance de France, a atterri, vendredi en début d’après-midi à l’aéroport Houari Boumediene.

Le Président de la République, Chef Suprême des Forces Armées, ministre de la Défense nationale,  M. Abdelmadjid Tebboune a présidé la cérémonie d’accueil des cercueils, en présence de hauts cadres de l’Etat dont le président du Conseil de la Nation par intérim, Salah Goudjil, le président de  l’Assemblée populaire nationale, Slimane Chenine, le Premier ministre Abdelaziz Djerad , le Chef d’état-major de l’ANP, le Général-major, Saïd Chanegriha , le Général d’armée, Commandant de la Garde républicaine Ali Ben Ali, ainsi que des membres du gouvernement.

Les restes mortuaires seront exposés au public durant la journée du samedi dans le hall du Palais de la Culture pour un dernier hommage, avant d’être enterrés dimanche au carré des martyrs du cimetière d’El-Alia.

Le Président de la République avait annoncé, jeudi, lors d’une cérémonie officielle organisée à l’occasion du 58e anniversaire du double anniversaire de l’indépendance et de la jeunesse qu’il s’agit d’une première étape de rapatriement des restes mortuaires des résistants algériens, en faisant part de la détermination de l’Etat de poursuivre cette opération jusqu’au rapatriement de l’ensemble des restes des résistants algériens pour qu’ils soient enterrés sur la terre pour laquelle ils se sont sacrifiés.

« Le rapatriement des restes mortuaires des autres Chouhada déportés post-mortem suivra, car l’Etat est résolu à mener à bout cette entreprise pour réunir tous nos Chouhada sur cette terre qu’ils ont tant chéri et pour laquelle ils ont sacrifié ce qu’ils avaient de plus cher, leur vie », a dit le président. Il a assuré qu’il s’agit là, de la « quintessence même de notre devoir de respect sacré à l’égard de nos Chouhada et symboles de notre Révolution et de notre engagement à ne jamais renoncer à une quelconque partie de notre patrimoine historique et culturel ». « Loin de rester otages du passé, la convocation de notre Histoire, avec ses détails, ses peines et ses joies, pour préserver la Mémoire nationale et évaluer notre présent, ses points positifs et ses insuffisances, est un repère pour nos enfants et petits-enfants dans l’édification d’un avenir radieux et serein et la construction d’une personnalité forte et solide, respectueuse des fondements, principes et valeurs de la Nation », a-t-il assuré.

Les crânes de nombreux résistants algériens se trouvent au Musée d’histoire naturelle de Paris. Ils appartiennent notamment à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif Boubaghla, qui a mené une insurrection populaire dans la région du Djurdjura, en Kabylie, au Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaâtcha (région de Biskra en 1849), à Moussa El-Derkaoui, son conseiller militaire, et à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui.

La tête momifiée d’Aïssa El-Hamadi, qui fut le lieutenant du Cherif Boubaghla, et le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader, y sont également conservés.

Lors du siège de Zaâtcha (30 km au sud-ouest de Biskra), les résistants algériens de cheikh Bouziane s’étaient opposés aux troupes de la colonisation française du général Emile Herbillonet. Le siège s’était terminé par l’extermination de la population de l’oasis.

La restitution des crânes de ces résistants avait fait l’objet d’une demande officielle de l’Algérie à la France et la question avait été soulevée lors d’entretiens entre les plus hautes autorités des deux pays.

Une commission technique composée d’experts algériens avait été mise en place pour procéder à l’identification des crânes de ces résistants algériens.

La Nation rendra hommage à ces dirigeants et membres des résistances populaires à l’agression coloniale française par leur inhumation solennelle en Algérie, leur terre natale pour laquelle ils ont donné leur vie.

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Tayeb Zitouni, avait déclaré en janvier 2019 que « à ce jour, 31 crânes ont été déjà identifiés et l’opération se poursuit ».

R.N

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