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Santé publique : l’Algérie durcit les contrôles face au risque Ebola

Face à la déclaration par l’Organisation mondiale de la santé d’un état d’urgence sanitaire lié au virus Ebola, les autorités algériennes ont décidé de renforcer l’ensemble du dispositif de prévention et de surveillance aux frontières.

Le ministère de la Santé a ainsi adressé des instructions à 22 wilayas ainsi qu’aux responsables des centres de contrôle sanitaire aux points d’entrée du territoire, appelant à un renforcement immédiat du système de surveillance et d’alerte précoce dans les aéroports et les postes frontaliers.

Les mesures annoncées visent à garantir une détection rapide des cas suspects, leur isolement immédiat ainsi qu’une prise en charge sanitaire adaptée. Le ministère insiste également sur la nécessité de mobiliser les moyens de protection nécessaires et d’assurer une coordination renforcée entre les différents secteurs, conformément aux engagements internationaux définis par le règlement sanitaire international.

Les autorités sanitaires soulignent par ailleurs l’importance d’une vigilance accrue aux points d’entrée du pays, dans un contexte marqué par la circulation internationale des personnes et le risque de propagation de l’infection. Selon la correspondance ministérielle, l’épidémie actuelle est liée à la souche « Bundibugyo » du virus Ebola, pour laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique, ce qui justifie un renforcement des mesures de prévention.

Dans ce cadre, le ministère a ordonné le renforcement des équipes médicales et paramédicales aux frontières, ainsi que la mise à disposition d’équipements de protection individuelle, de produits de désinfection et d’appareils de prise de température. Il a également demandé la mobilisation d’ambulances médicalisées disponibles 24h/24 et l’installation de caméras thermiques dans les aéroports.

Les consignes incluent également l’identification systématique des voyageurs en provenance des pays africains touchés, en coordination avec les services de la police des frontières. Tout cas suspect doit être immédiatement isolé et contraint au port d’un masque chirurgical, tandis que les contacts doivent être limités au strict nécessaire, notamment lors de la prise de température réalisée avec du matériel à usage unique. Le ministère insiste également sur le respect strict des règles d’hygiène et la réduction du nombre d’intervenants au minimum.

Les cas suspects doivent être transférés vers des établissements hospitaliers de référence à bord d’ambulances médicalisées, dans le respect des protocoles de sécurité, avec information préalable des structures d’accueil.

Une alerte sanitaire internationale

L’Organisation mondiale de la santé a récemment déclaré que la propagation du virus Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda constituait une urgence de santé publique de portée internationale, après l’enregistrement de plus de 300 cas suspects et 88 décès.

Selon plusieurs rapports internationaux, la situation n’est pas encore considérée comme une pandémie mondiale, mais elle suscite une inquiétude croissante en raison du risque de propagation régionale. Dans une déclaration publiée sur la plateforme X, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé que la situation n’atteint pas le niveau d’une pandémie, tout en appelant à la vigilance face au risque d’extension géographique de l’épidémie.

Un virus connu et toujours surveillé

La maladie à virus Ebola se manifeste généralement par de fortes fièvres et des hémorragies pouvant être mortelles, avec un taux de létalité moyen estimé à environ 50 %. Le virus a été identifié pour la première fois en 1976 lors de deux épidémies survenues au Soudan et en République démocratique du Congo, près de la rivière Ebola, qui lui a donné son nom.

Depuis, plusieurs flambées épidémiques ont été enregistrées, notamment entre 2013 et 2016 puis entre 2018 et 2020. Des progrès importants ont été réalisés ces dernières années, notamment avec le développement de vaccins.

Le virus Ebola appartient à la famille des Filoviridae et comprend plusieurs espèces, dont trois sont responsables de la majorité des épidémies humaines : le virus Ebola (Zaïre), le virus Soudan et le virus Bundibugyo. Une autre espèce, liée à la forêt de Taï, n’a provoqué qu’un seul cas humain documenté en 1994.

Les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae sont suspectées d’être les principaux réservoirs naturels du virus, bien que cela n’ait pas été formellement confirmé. Le virus peut également infecter certains primates et animaux sauvages tels que les chimpanzés, les gorilles et les antilopes forestières.

Sid Ali

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