Une opération d’envergure menée par la Sûreté nationale a conduit au démantèlement d’un vaste réseau criminel spécialisé dans le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale, actif dans plusieurs wilayas du pays. Cette enquête, dirigée par le Service central de lutte contre le crime organisé (SCLCO) basé à Saoula (Alger), a permis la saisie de sommes astronomiques et d’un important patrimoine mobilier et immobilier.
Selon la Radio algérienne, l’organisation criminelle utilisait des sociétés-écrans implantées dans plusieurs villes algériennes, sans activité commerciale réelle. Ces structures factices servaient de façade à des opérations de blanchiment, consistant à réinjecter des fonds d’origine illégale dans des projets d’investissement à travers le pays.
Des saisies record et une ampleur sans précédent
L’intervention des forces de l’ordre a abouti à la récupération de 24 milliards de centimes (240 millions de dinars) en espèces, ainsi qu’au gel de 78 milliards de centimes (780 millions de dinars) répartis dans divers comptes bancaires. Par ailleurs, 500 véhicules et camions de gros tonnage, d’une valeur estimée à 400 milliards de centimes, ont été saisis, de même que plusieurs biens immobiliers haut de gamme (villas, appartements, terrains) situés notamment à Alger et dans d’autres grandes agglomérations.
Au total, 47 individus ont été arrêtés et présentés, lundi 5 mai, devant le parquet du pôle judiciaire économique et financier de Sidi M’hamed (Alger). Ils sont poursuivis pour blanchiment d’argent, évasion fiscale, ainsi que faux et usage de faux.
Cadre juridique : que dit la loi algérienne ?
Le Code pénal algérien, dans ses articles 389 bis à 389 quater, prévoit des peines lourdes pour les infractions liées au blanchiment d’argent. La loi n° 05-01 du 6 février 2005 et complétée par la loi n°23-01 du 7 février 2023, relative à la prévention et la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, constitue la pierre angulaire de la législation nationale en la matière. Elle définit le blanchiment comme toute opération visant à dissimuler ou à donner une apparence licite à des fonds provenant d’activités criminelles.
Selon cette loi, les contrevenants encourent jusqu’à 10 ans de prison ferme et des amendes équivalentes à plusieurs fois le montant des fonds blanchis. En outre, l’article 17 de ladite loi prévoit la saisie et la confiscation des avoirs illicites, même lorsqu’ils sont détenus par des tiers.
La justice algérienne, via ses pôles spécialisés économiques et financiers, intensifie ses efforts pour éradiquer ce type de criminalité financière, considérée comme une menace directe à l’économie nationale et à l’intégrité du système bancaire.
Ab.N
LA NATION Quotidien National D'information