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A la veille du BEM : la folie des cours intensifs épuise élèves et parents

A quelques heures de l’examen du Brevet d’Enseignement Moyen (BEM), prévu ce mardi, des milliers d’élèves et de parents vivent une situation de mobilisation sans précédent. Les cours intensifs et les révisions de dernière minute se sont transformés en un véritable « marathon » quotidien imposant une forte pression à tous. Un phénomène qui ne concerne plus seulement les candidats au baccalauréat, mais qui touche désormais fortement, cette année, les élèves du BEM, dans une ruée vers les écoles de soutien scolaire et les enseignants réputés, à la recherche d’une ultime occasion d’assimiler un maximum d’informations avant l’examen.

Dans plusieurs communes, les centres de cours particuliers connaissent ces derniers jours une affluence inédite d’élèves du BEM. Les spécialistes du secteur éducatif considèrent ce phénomène comme une nouvelle réalité qui pèse désormais sur les candidats au brevet. Beaucoup d’entre eux enchaînent plusieurs séances dans la même journée : mathématiques, sciences, français ou anglais, dans l’espoir d’augmenter leurs chances de réussite et d’obtenir de bonnes moyennes leur permettant d’intégrer plus tard les filières scientifiques et mathématiques.

La pression ne touche pas uniquement les élèves, mais également les parents, dont certains se retrouvent mobilisés quotidiennement pour accompagner leurs enfants entre différents centres de soutien scolaire. Plusieurs ont même été contraints de prendre des congés afin de gérer les déplacements de leurs enfants.

L’un des parents, identifié par les initiales « Ch. M. », rencontré par le journal alors que son fils passe le BEM cette année, raconte : « Ces jours-ci, je ne fais plus rien d’autre qu’emmener mon fils aux cours particuliers. Un cours à Kouba, un autre à Ben Aknoun… et vous connaissez les embouteillages. Je passe tout mon temps sur la route. Parfois, je préfère attendre devant l’école jusqu’à la fin du cours plutôt que de rentrer à la maison. »

Un autre parent, « M. R. », s’est plaint du grand nombre de cours intensifs, même si leurs tarifs restent inférieurs à ceux des cours du baccalauréat : « Certes, les prix ne sont pas aussi élevés que pour le bac, mais le problème réside dans leur multiplication. Mon fils suit presque toutes les matières, sauf l’éducation islamique, l’histoire et la géographie qui reposent davantage sur la mémorisation. Chaque jour, on entend parler d’un nouveau cours ou d’un nouvel enseignant. Sa mère insiste pour qu’il y participe, et moi je la suis pour lui éviter davantage de stress. »

D’autres parents affirment que la crainte de l’absence du système de « seuil » cette année a renforcé l’anxiété, notamment avec les discussions permanentes entre élèves autour des « cours décisifs » et des « révisions finales » proposés par des enseignants célèbres sur les réseaux sociaux. Certains professeurs sont même devenus de véritables « tendances » dont les élèves se vantent de suivre les séances.

Dimanche dernier, Khaled Ahmed, président de l’Association nationale des parents d’élèves, a confirmé que le phénomène des cours intensifs s’est largement répandu ces dernières années chez les candidats au BEM, alors qu’il concernait auparavant essentiellement les élèves du baccalauréat. Selon lui, l’obsession des parents de voir leurs enfants obtenir d’excellents résultats les pousse à les inscrire dans des stages intensifs organisés dans les maisons de jeunes, les maisons de la culture et les centres de soutien scolaire.

Il explique que, par le passé, les révisions se faisaient principalement à l’école, à la maison ou parfois dans les bibliothèques. Mais la situation a fortement évolué ces dernières années, les parents courant désormais après les différents cours et révisions finales, par peur que leurs enfants ne prennent du retard par rapport aux autres élèves.

Le responsable souligne également que la volonté des parents d’obtenir des moyennes élevées afin d’intégrer les filières scientifiques et mathématiques au lycée exerce une pression supplémentaire sur les élèves : « L’élève souffre déjà de la pression des cours en classe, qui l’épuise mentalement et intellectuellement. Ensuite, il se retrouve obligé de se déplacer quotidiennement pour assister aux cours intensifs et particuliers. »

Il ajoute que l’association a organisé des rencontres de sensibilisation destinées aux parents, appelant à réduire la pression exercée sur les enfants et à organiser les révisions dès le début de l’année scolaire afin d’éviter l’accumulation des leçons à l’approche des examens officiels.

De son côté, Fawaz Madkour, secrétaire national du Syndicat du Conseil des enseignants des lycées algériens, estime que les cours intensifs sont devenus, pour certains enseignants, une véritable « course commerciale » visant le gain rapide, ce qui nuit à l’image de l’école publique.

Selon lui, certains élèves se tournent vers les cours particuliers pour échapper à la pression familiale et trouvent une certaine forme de confort dans les révisions collectives avec leurs camarades. Toutefois, certaines parties ont exploité cette situation pour transformer ces cours en commerce saisonnier qui s’amplifie à chaque examen officiel.

Il ajoute : « Les révisions prennent aujourd’hui la forme de cycles successifs de cours intensifs, alors que l’école publique et la maison devraient rester les principaux espaces de préparation des élèves. »

Il appelle également les autorités à renforcer le contrôle des activités de soutien scolaire et à appliquer les lois qui les encadrent.

Le même intervenant souligne que les cours particuliers sont progressivement passés d’un simple soutien complémentaire à une « nécessité sociale » pour de nombreuses familles, en raison de la peur des parents face à tout échec pouvant compromettre l’avenir scolaire de leurs enfants. Cette situation a favorisé l’expansion des écoles de soutien et transformé certains enseignants en véritables « stars », attirant de nombreux élèves à chaque saison d’examens.

Par ailleurs, des psychologues ont mis en garde contre les effets négatifs de l’excès de cours intensifs durant les derniers jours précédant les examens. Ils rappellent qu’à ce stade, l’élève a davantage besoin de calme psychologique et de confiance en lui que de déplacements incessants entre révisions et cours intensifs.

Amel.B

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