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Gaz : de Moscou, l’Algérie appelle à un new deal énergétique

L’Algérie plaide pour le renforcement de la coopération internationale dans le secteur gazier, en mettant l’accent sur la souveraineté énergétique, la sécurisation des approvisionnements et la stabilité des investissements, dans un contexte de fortes tensions sur les marchés mondiaux du gaz et de recomposition des échanges énergétiques.

Mohamed Arkab, ministre des Hydrocarbures, a défendu le droit des Etats à choisir leurs trajectoires énergétiques, rappelant le rôle stratégique du gaz naturel dans la sécurité énergétique et le développement socio-économique, ainsi que dans une transition énergétique « équilibrée » et « réaliste ».  Le ministre d’Etat qui s’exprimait lors de la 28e réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) a en outre appelé à garantir un accès équitable aux technologies, aux financements et aux marchés.

Ce plaidoyer intervient dans un contexte de grande volatilité des marché causé par les perturbations des approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL), liées à la crise au Moyen-Orient et aux difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les flux de GNL transitant par ce passage représentaient près de 20 % de l’offre mondiale avant la crise de 2026. Malgré une reprise progressive du trafic, les incertitudes sur le retour à la normale continuent de peser sur les perspectives d’approvisionnement.

L’Algérie veut préserver la place du gaz dans le mix énergétique mondial et valoriser sa production comme ses exportations. Pour M. Arkab, la sécurité énergétique passe par des investissements tout au long de la chaîne, de l’exploration au regazéification. Il a insisté sur deux conditions clés pour lancer des projets gaziers, coûteux et longs à réaliser : des contrats à long terme et une meilleure lisibilité des marchés. Il a aussi préconisé le développement des infrastructures, le partage d’expertise et une coopération renforcée entre pays producteurs.

Arkab a également prôné la réduction des émissions de méthane et du torchage de gaz, sans que les exigences environnementales ne freinent les échanges. Il a mis en avant le captage et stockage du carbone, l’intelligence artificielle et la sécurisation des installations, ainsi que l’Institut de recherche sur le gaz (GRI) d’Alger, qu’il souhaite voir devenir un centre d’excellence en recherche, formation et transfert technologique.

Le ministre a enfin mis en exergue les efforts de l’Algérie pour développer ses ressources gazières, notamment à travers les appels d’offres « Algeria Bid Round 2024 » et « Algeria Bid Round 2026 », ainsi que pour améliorer la performance environnementale de son industrie.

La réunion ministérielle, préparatoire au 8e Sommet du GECF, a également porté sur les rapports d’activité du Forum, le projet de Déclaration de Moscou et les perspectives mondiales du gaz à l’horizon 2055. À l’occasion du 25e anniversaire de l’organisation, l’Algérie souhaite que ce sommet consolide la coordination entre pays membres et renforce la capacité du Forum à anticiper les mutations du marché énergétique mondial.

Mohamed Badaoui

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