Le parlement algérien a approuvé à l’unanimité, ce dimanche lors d’une session extraordinaire, l’envoie de troupe militaire au Niger. Le voté a été organisé lors de deux réunions séparées. Le Conseil de la nation (Sénat) a voté le premier avant que l’Assemblée populaire nationale ne lui emboîte le pas dans l’après-midi.
L’objet de la mission est d’assurer la protection et la sécurité des investissements de Sonatrach dans ce pays voisin.
Le Parlement a été saisi, conformément à la Constitution, par le président de la République Abdelmadjid Tebboune pour se prononcer sur le projet d’installation d’un détachement de l’ANP dans le Nord du Niger pour assurer la sécurité des investissements qu’entreprend Sonatrach dans le Nord du Niger. L’alinéa 2 de l’article 91 de la Constitution, autorise le président de la République à envoyer des unités de l’Armée nationale populaire (ANP) à l’étranger, sous réserve de l’approbation du Parlement.
La Constitution prévoit, en effet, que cette décision doit recueillir la majorité des deux tiers des membres de chacune des deux chambres. Introduite dans le texte constitutionnel en 2020, cette disposition encadre la possibilité d’un engagement militaire algérien hors du territoire national.
Lors des deux réunions, le débat a été limité à l’intervention des présidents des groupes parlementaires de 10 minutes chacun.
A l’heure où nous mettons sous presse, ni la présidence de la république, ni les bureaux des deux chambres n’ont annoncé la tenue des réunions. Aucun compte rendu n’a été rendu public sur la teneur des interventions et la résolution votée.
L’envoie de troupes militaires algérien au Niger est prévisible depuis un certain temps. L’armée nationale populaire a énergiquement répondu présente lors de la tentative de coup de force contre le gouvernement nigérien cet été. La presse du monde entier a montré les avions de combat de l’ANP survolant le ciel nigérien.
Lors d’une entrevue avec la presse, le président de la république, Abdelmadjid Tebboune adéclaré: «Aujourd’hui, nous avons des intérêts, nous avons conclu des accords dans le pétrole, les mines et d’autres domaines. Puis quelqu’un vient tout casser en une seule nuit. Il ne faut tout de même pas sous-estimer les choses à ce point. Nous sommes en mesure de défendre, d’abord nos amis, et puis les intérêts que nous avons en commun».
En plus d’assurer la sécurité d’un pays ami et voisin et soutenir sa spécialité, la présence militaire algérienne aura, algériennes (Sonatrach, Sonelgaz…etc), d’un coté, de l’autre côté, l’armée algérienne aura pour mission de sécuriser les installations du Gazoduc Nigeria-Niger-Algérie, sur, au moins une partie à l’intérieur du territoire nigérien.
Force est de constater que la coopération énergétique entre l’Algérie et le Niger a franchi une nouvelle étape avec le lancement du forage de quatre puits d’exploration sur le permis pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger dès le mois d’août dernier 2026.
Les travaux seront réalisés par ENAFOR, filiale de Sonatrach, en partenariat avec la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP). Ils visent à approfondir les connaissances sur les réservoirs, à confirmer leur productivité et à évaluer le potentiel du périmètre afin de déterminer sa viabilité économique et les conditions de son exploitation commerciale.
Présente à Kafra depuis 2005 à travers sa filiale SIPEX, Sonatrach y a réalisé des études sismiques et foré deux puits en 2018 et 2019. Ces travaux ont notamment permis la découverte de Kafra-1. La prorogation de deux ans du permis, accordée le 15 avril 2026 par les autorités nigériennes, a permis de poursuivre son évaluation.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de coopération plus large, couvrant également le bloc de Bilma, le forage, la distribution pétrolière et la modernisation de la raffinerie de Zinder. Elle illustre la volonté des deux pays de valoriser leurs ressources énergétiques et de renforcer leur partenariat stratégique au Sahel.
Le gazoduc transsaharien passe à l’étape concrète
Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), destiné à relier le Nigeria à l’Algérie via le Niger, franchit une étape décisive en 2026 avec le lancement des travaux sur le tronçon algérien, après plusieurs années d’études et de concertations.
D’une longueur prévisionnelle de 4 130 kilomètres, cette infrastructure acheminera le gaz nigérian jusqu’à Hassi R’Mel, avant son raccordement au réseau national et aux installations d’exportation vers les marchés internationaux, notamment européens. Sa capacité annuelle est estimée entre 20 et 30 milliards de mètres cubes.
Porté par Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) et la société nigérienne SONIDEP, le projet a été relancé en février 2022, suivi de la signature d’un mémorandum d’entente en juillet de la même année. L’actualisation de l’étude de faisabilité, contractualisée en février 2025, a abouti à l’adoption du rapport final le 3 juin 2026. Dès le lendemain, les travaux du tronçon algérien ont débuté dans la région d’Aoulef, à Adrar.
Au-delà du transport gazier, le TSGP ambitionne de renforcer l’intégration énergétique africaine, de consolider le rôle de l’Algérie comme plateforme d’exportation et de favoriser les investissements, les infrastructures et la coopération entre les trois pays, dans un contexte de diversification des approvisionnements.
M. Bouaz
LA NATION Quotidien National D'information