Le ministère de l’Education nationale a annoncé des modifications dans l’évaluation pédagogique des élèves du primaire, notamment de la première, au titre de l’année scolaire 2026-2027. Le syndicat autonome s’est élevé contre cette décision, en dénonçant une absence de vision prospective chez les responsables du secteur.
Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé une série de nouvelles mesures concernant l’évaluation pédagogique au titre de l’année scolaire 2026-2027. Parmi les principales nouveautés figure l’adoption d’appréciations descriptives qualitatives et d’évaluations par niveaux pour apprécier les acquis des élèves de première année primaire au cours des trois trimestres, en remplacement des notes chiffrées. Des modifications ont également été introduites dans les modalités d’évaluation de certaines matières pour les élèves de troisième et de quatrième année primaire. Cette démarche vise à suivre le degré de maîtrise des connaissances fondamentales et à diagnostiquer les difficultés rencontrées par les élèves. Dans la circulaire n° 522 du 24 octobre 2026, émanant de la Direction générale de l’enseignement, le ministère a précisé que l’évaluation des élèves de première année primaire se fera au moyen d’appréciations descriptives reflétant, pour chaque domaine et à chaque trimestre, leur degré de maîtrise des acquis annuels. Le passage en deuxième année primaire sera automatique pour les élèves qui auront atteint un niveau jugé acceptable au cours de cette année. Par ailleurs, les établissements scolaires recevront ultérieurement des modèles de bulletins indiquant les niveaux de maîtrise des acquis, afin de clarifier les modalités de mise en œuvre du système d’évaluation qualitative adopté.
Les modifications ne concernent pas uniquement la première année primaire, mais également les élèves de troisième année primaire. Ainsi, l’évaluation de leurs acquis en anglais, durant le premier trimestre, se fera au moyen d’appréciations descriptives qualitatives permettant de mesurer le niveau d’acquisition des compétences fondamentales. De même, les élèves de quatrième année primaire bénéficieront de cette même formule pour les matières de français et de tamazight durant le premier trimestre. Les évaluations trimestrielles continueront toutefois d’être organisées dans les autres matières, conformément aux dispositions fixées par le ministère.
Le Satef dénonce l’absence de vision prospective
Dans ce contexte, le secrétaire national du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, a déclaré que les dernières mesures annoncées par le ministère de l’Éducation nationale témoignent d’un manque de vision prospective de la part des responsables du secteur. Il a souligné que ces mesures ont été annoncées au moment même de la rentrée scolaire, ce qui soulève des interrogations quant au degré de préparation préalable de telles décisions et à leurs répercussions sur la communauté éducative.
M. Amoura a insisté sur la nécessité d’associer les syndicats de l’éducation aux décisions relatives au processus éducatif, considérant qu’ils constituent des partenaires essentiels sur le terrain et qu’ils sont les mieux placés pour faire remonter les préoccupations des enseignants et évaluer la faisabilité des nouvelles mesures. Il a également souligné l’importance du dialogue et de la concertation avant l’adoption de toute modification touchant aux aspects pédagogiques et organisationnels de l’école algérienne.
Le Satef a demandé au ministère de l’Éducation nationale de revoir les mécanismes de prise de décision concernant les questions pédagogiques, en ouvrant la voie à la concertation avec les partenaires sociaux avant toute annonce de nouvelles mesures. Cette démarche permettrad’en examiner les différents aspects, d’en déterminer les conséquences pour les élèves, les enseignants et les établissements scolaires, ainsi que de fournir les éclaircissements nécessaires sur les modalités d’application du nouveau système d’évaluation sur le terrain.
Pour le syndicat, la stabilité du système éducatif exige une planification préalable et une coordination entre l’administration centrale et les différents acteurs du secteur, en particulier lorsqu’il s’agit de changements touchant aux méthodes d’évaluation des élèves et au suivi de leurs résultats scolaires. Une telle approche permettrait de garantir une vision claire à l’ensemble de la communauté éducative et de mettre en œuvre les décisions dans des conditions appropriées.
De son côté, le ministère a souligné que les modalités de calcul des moyennes dans l’enseignement primaire demeurent inchangées et restent conformes à la formule appliquée au cours des deux dernières années. Il a précisé que les nouvelles mesures visent à faire de l’évaluation un outil permettant de diagnostiquer les acquis des apprenants, de suivre leurs progrès, d’ajuster les stratégies d’enseignement et de mettre en place un accompagnement ainsi qu’une remédiation pédagogique adaptés.
Amel Bici
LA NATION Quotidien National D'information