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Recul des échanges commerciaux entre l’Algérie et la France : 600 entreprises françaises en état de faillite

La dégradation des relations entre la France et l’Algérie s’est accompagnée d’un recul des échanges économiques et de difficultés pour certaines entreprises françaises présentes ou actives sur le marché algérien. Une note publiée en septembre 2026 par l’Institut Montaigne analyse notamment les conséquences économiques de cette dégradation.

Intitulée « Sortir de l’émotion », cette étude, signée Michel Duclos et Augustin Motte, relève que les relations économiques de la France avec le Maroc et la Tunisie sont, sur plusieurs indicateurs, plus importantes qu’avec l’Algérie. Selon les données citées dans la note, les échanges franco-algériens ont atteint 11 milliards d’euros en 2024.

Les hydrocarbures occupent une place centrale dans ces échanges. Ils représentent, selon l’Institut Montaigne, plus de la moitié du commerce bilatéral et près de 90 % des importations françaises en provenance d’Algérie. La France importe toutefois une part limitée de ses besoins énergétiques depuis l’Algérie, qui représente environ 12 % de ses importations de gaz naturel et 9 % de celles de pétrole.

En matière d’investissements, le stock français en Algérie est évalué à 2,8 milliards d’euros, contre 8,4 milliards au Maroc et un montant comparable à celui enregistré en Tunisie, selon la même source. L’étude souligne néanmoins la diversification de la présence française en Algérie, notamment dans les hydrocarbures, l’électricité, l’agroalimentaire et la santé.

L’Institut Montaigne évoque également un recul de la présence française dans certains secteurs du marché algérien. Il cite notamment le cas du blé, dont la part française dans les importations algériennes aurait fortement diminué depuis 2019, au profit d’autres fournisseurs.

La note souligne par ailleurs le poids des petites entreprises françaises exportant vers l’Algérie. Sur environ 5 000 entreprises françaises concernées, un tiers réaliseraient plus du quart de leur chiffre d’affaires grâce à ce marché. L’Institut Montaigne estime que cette forte exposition rend certaines d’entre elles particulièrement vulnérables en période de tensions diplomatiques.

La note évoque ainsi environ 600 faillites d’entreprises françaises exportatrices vers l’Algérie en 2025. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, d’établir que ces faillites ont été directement causées par la crise diplomatique, distinction importante entre corrélation et causalité.

Parallèlement, certaines entreprises françaises continuent d’investir en Algérie. La Société Générale a notamment inauguré en avril 2026 un nouveau siège à Alger, illustrant la poursuite d’activités françaises dans le pays malgré les tensions bilatérales.

Selon les données mentionnées dans l’étude, les échanges commerciaux franco-algériens seraient par ailleurs passés sous la barre des 9 milliards d’euros en août 2026, contre 11 milliards en 2024.

Ib.T

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