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Critiquant l’ancienne ligne française : Ségolène Royal dénonce une politique qui « a coûté cher »

Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, estime qu’un tournant est en train de s’opérer dans la relation entre la France et l’Algérie. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 a évoqué, dans un message publié sur le réseau X, un véritable «revirement» de la politique menée par Emmanuel Macron sur le dossier algérien, après plusieurs années de tensions qu’elle juge coûteuses pour les intérêts des deux pays.

Elle estime que cette stratégie a lourdement pénalisé la coopération sécuritaire ainsi que les partenariats économiques et énergétiques entre les deux pays.

Ségolène Royal affirme que le gouvernement français reconnaît désormais la nécessité de coopérer avec l’Algérie, après une période qu’elle qualifie « d’aveuglement ». Ces déclarations sont intervenues en réaction aux annonces faites par le ministre français de la justice lors de dernière visite en Algérie.

Elle accuse par ailleurs les autorités françaises d’avoir contribué à la détérioration des relations bilatérales par des « comportements et déclarations vexatoires » envers Alger. Ces tensions avaient atteint leur paroxysme lorsque Bruno Retailleau occupait le ministère de l’Intérieur entre septembre 2024 et octobre 2025, période durant laquelle les attaques contre l’Algérie se sont multipliées au sein même du gouvernement français.

Selon Mme Royal, le durcissement de la position française avait également été encouragé par Emmanuel Macron, qui avait demandé au Premier ministre François Bayrou d’adopter une ligne de fermeté à l’égard d’Alger. Cette orientation s’était notamment traduite par des restrictions sur la délivrance des visas aux ressortissants algériens.

À contre-courant du discours dominant, Ségolène Royal dit avoir œuvré pour un rapprochement entre les deux capitales. Depuis son élection à la tête de l’Association France-Algérie en décembre 2025, elle s’est rendue à deux reprises à Alger, fin janvier puis fin avril 2026, afin de renouer le dialogue avec les autorités algériennes.

Elle revendique aujourd’hui un rôle dans le retour progressif à la normale des relations bilatérales. Dans son message, elle affirme avoir rétabli le contact avec le président Abdelmadjid Tebboune dès son arrivée à la présidence de l’association.

Ségolène Royal rappelle également plusieurs initiatives qu’elle dit avoir menées ces derniers mois pour favoriser l’apaisement entre Paris et Alger. Elle évoque notamment sa visite au journaliste français emprisonné en Algérie, Christophe Gleize, ainsi que les discussions engagées autour de dossiers sensibles tels que les biens spoliés, la restitution des archives, les extraditions, l’affaire de l’agent consulaire algérien détenu en France ou encore les obligations de quitter le territoire français (OQTF). L’ancienne ministre estime aussi que la visite du Pape Léon XIV en Algérie, du 13 au 15 avril dernier, a contribué à faire évoluer les perceptions et à dépasser certaines « postures absurdes».

Enfin, Ségolène Royal considère que la crise avec l’Algérie reflète plus largement les difficultés rencontrées par la France dans plusieurs pays africains. Selon elle, la dégradation des relations avec de nombreux États du continent aurait pu être évitée si Paris avait abandonné plus tôt certaines attitudes jugées condescendantes.

«Il faudra reconstruire ces partenariats avec nos voisins avec intelligence et créativité», conclut-elle.

Abir.N

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