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Vers l’ère de la voiture électrique : le rêve de Chems-Eddine Chitour

S’appuyant sur un sondage réalisé par Naftal, Chems-Eddine Chitour plaide pour l’option de la voiture électrique. Ces propos donnent certes à rêver mais ils risquent d’être confrontés à une réalité qui finira par les contredire.

Alors qu’il n’existe qu’une seule borne de rechargement dans tout le pays, le ministre de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, Chems-Eddine Chitour, plaide pour l’introduction massive de voitures électriques.

En s’appuyant sur un sondage réalisé par Naftal qui ne reflète vraisemblablement pas la réalité, il affirme que 65% des citoyens y sont «favorables». La majorité des Algériens trépigne certes d’impatience pour posséder une automobile, mais elle préfère l’acheter à l’étranger, âgée de moins de trois ans et équipée d’un moteur diésel. La raison ? Le prix de l’engin et son niveau de consommation.

Depuis la fermeture des usines de montage et l’arrêt brutal donné à l’importation de voitures neuves, le cours du matériel usagé a explosé. Une inflation qui a dissuadé les acheteurs de s’aventurer sur les marchés où la plus insignifiante des berlines, même vieille de dix ans, se négocie à prix d’or.

Pour sa part, le prix du carburant est en constante augmentation depuis des années et rien ne dit qu’il ne finira par s’aligner sur les tarifs pratiqués dans les pays où il n’est pas subventionné. Le coût de l’essence à la pompe en Algérie est parmi les plus bas au monde, mais régulièrement des voix s’élèvent, notamment chez les responsables, pour recommander sa révision à la hausse.

Au risque de contredire le ministre, aucun habitant de ce pays ne peut être favorable à la voiture électrique, sauf comme jouet pour ses enfants, car il s’agit actuellement d’une pure fiction. Les Algériens rêvent tous de voiture, même la plus polluante, pourvu que celle-ci soit abordable et qu’elle consomme modérément quitte à élargir le trou de la couche d’ozone.

Des arguments alléchants

Il est vrai que les arguments avancés par Chems Eddine Chitour sont alléchants : un prix qui avoisinerait les 10 mille euros, «sans qu’il y ait un excès de gadgets», et une consommation de 70 dinars par 100 km, au lieu de 300 nécessaires à faire tourner un moteur thermique.

En suivant ce raisonnement ou plutôt ce vœu, on aboutirait à une consommation à 1 TWh par an pour 100 mille véhicules électriques au lieu de 65 TWh de fuel traditionnel. L’Algérie deviendra ainsi un paradis à l’air pur et au bruit réduit où, de plus, il sera possible d’économiser 100 mille tonnes de carburants et épargner de 100 millions de dollars par an.

Toutefois, avant d’aller plus loin dans la composition du tableau idyllique, le ministre écolo opère un retour sur terre. Pour que ce plan réussisse, il faut, préconise-t-il, que les taxes imposées à ce type d’acquisition soient «faibles». Il faut, selon lui, faire preuve de souplesse et même exonérer ces équipements de la vignette en plus de leur accorder un accès gratuit à l’autoroute, une fois le péage instauré.

«L’Algérie gagnerait sur toute la ligne, en optant pour la locomotion électrique», a-t-il assuré, même si, dans un premier temps, l’électricité utilisée pour alimenter les véhicules électriques sera d’origine thermique». Pour que les choses changent, il faut donc patienter jusqu’à la concrétisation du plan des 1000 MWh solaires susceptibles de remplacer graduellement l’électricité thermique par celle renouvelable.

En attendant, Chitour a évoqué un projet à l’étude avec le ministère de l’Habitat pour aménager, dans toutes les nouvelles cités, des espaces équipés de bornes de rechargement, avec la possibilité d’étendre ce concept aux parkings et aux administrations centrales. Une belle histoire est donc en marche pourvu qu’elle aboutisse.

Mohamed Badaoui

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