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Préservation du patrimoine animalier : l’Interdiction de l’abattage la race «Sidaoun» au cœur d’une controverse

Pour nombre d’internautes l’interdiction qui frappe le déplacement vers le nord du pays et l’abattage de moutons de la race ‘’Sidaoun pour la sacrifice de l’Aid, par la crainte du «croisement  des races », n’est plus justifiée  à l’heure où pas moins de 1 million de moutons ont été importés de pays européens comme l’Espagne et la Roumanie.

Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux a relancé le débat concernant l’interdiction de commercialisation et d’exploitation des moutons de la race  ‘’Sidaoun’’,  provenant du sud,  comme moutons de sacrifice dans les wilayas du nord. Cela intervient alors que le nombre de moutons importés a atteint, jusqu’à aujourd’hui, un million de têtes sur l’ensemble du territoire national, selon la plateforme numérique « Adahi » mise en place par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.

Des internautes ont soulevé nombre de questions sur les justifications avancées depuis des années par les autorités pour empêcher le déplacement de cette race vers le nord, notamment la crainte du «croisement  des races ». Selon eux, cet argument n’est plus convaincant à l’heure où des moutons sont importés de pays européens comme l’Espagne et la Roumanie. Les personnes ayant  partagé la vidéo ont affirmé que les moutons destinés à l’abattage durant l’Aïd el-Adha ne participent pas aux opérations de reproduction. Par conséquent, parler de mélange des races serait, selon eux, injustifié. Mieux encore, le croisement de la race ‘’Sidaoun’’ avec les races ‘’Oued Djellal’’ ou ‘’Naïli’’ produit le mouton  ‘’Sardi’’, réputé pour sa qualité.

Le coordinateur national et porte-parole de l’Organisation algérienne de protection du consommateur, Fadi Tamim, a expliqué que l’interdiction de vendre et de déplacer les moutons ‘’Sidaoun’’ vers le nord repose sur d’anciennes lois établies afin de préserver les races locales et limiter la propagation de cette race hors de ses régions d’origine. Selon lui, ces moutons faisaient l’objet de troc et de déplacements au cours des dernières années, ce qui a conduit à leur propagation dans plusieurs wilayas du sud, notamment Adrar et El Meghaier. Il a ajouté que l’organisation estime nécessaire de réviser les lois actuelles et de mettre en place de nouveaux mécanismes permettant de tirer profit de leur viande sans porter atteinte aux races nationales.

L’organisation a proposé la création de grands abattoirs dans le sud  pour l’abattage sous contrôle vétérinaire  des moutons  ‘’Sidaoun’’ pour ensuite transporter leur viande  le nord avec des cachets indiquant son origine, au lieu de poursuivre les opérations d’abattage illégales menées jusqu’à présent par certains réseaux qui les vendent comme s’il s’agissait de moutons locaux.

De son côté, le président de la Fédération des consommateurs, Zaki Hariz, a insisté sur la nécessité de mettre fin à l’interdiction d’exploitation qui frappe  les moutons béliers ‘’Sidaoun’’  et de trouver des mécanismes permettant de bénéficier de leur viande rouge, notamment durant la période de l’Aïd el-Adha marquée par une hausse sans précédent des prix des moutons et de la viande, certains béliers atteignant les 360 000 dinars. Il a précisé que la solution ne réside pas uniquement dans l’importation, mais aussi dans l’adoption de l’élevage intensif au lieu de l’élevage traditionnel, afin d’augmenter le cheptel national et garantir l’autosuffisance locale. Cela permettrait à l’avenir de réduire les importations de moutons des pays européens et, par conséquent, de protéger les races nationales contre le croisement.

M.Hariz a également signalé qu’environ 20 % des moutons importés sont des brebis, ce qui pourrait aussi contribuer au mélange des races si l’opération n’est pas strictement contrôlée et si ces brebis ne sont pas placées dans des fermes spécialisées afin d’éviter le croisement des races. Il a enfin appelé à intensifier les campagnes de sensibilisation au profit des citoyens, notamment ceux qui obtiennent des brebis parmi les moutons importés, afin qu’ils les retournent vers les fermes et centres d’élevage au lieu de les abattre, dans le but de préserver la richesse animale nationale et d’assurer la continuité et le développement des races locales.

Il convient de rappeler que les moutons ‘’Sidaoun’’ constituent une race ovine saharienne africaine célèbre, présente dans les régions de l’extrême sud algérien (comme Tamanrasset, Djanet et Adrar) ainsi que dans les pays du Sahel. Ils jouissent d’une grande popularité comme source de viande dans le Sahara, mais leur commercialisation ou leur transport en dehors de leur zone géographique est interdit pour des raisons préventives liées à la préservation du patrimoine animalier.

La dernière opération de destruction de 7 béliers Sidaoun a eu lieu dans la commune de Sigus, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, le 2 mai 2026.

Amel Bici

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